Non, un navire de croisière ne pollue pas autant qu’un million de voitures !

©Port de Marseille

C’est une technique bien connue : on ressort une vieille étude, de préférence le week-end, et on fait croire que l’information est fraîche du jour. C’est ainsi que le lobby écolo vient encore de frapper… l’industrie de la croisière.

Même le site L’important, dont la newsletter quotidienne met en avant les infos les plus « cliquées » sur le web, a repris mardi dernier l’info (approximative) que France Info avait publiée… le 22 juillet 2015. La veille, soit dit en passant, du jour où France Nature Environnement, la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement, qui regroupe 80 organisations, publiait son étude sur la pollution de l’air dans le port de Marseille.

Intox absolue !

Selon le site de France Info, « Un navire de croisière à l’arrêt pollue autant qu’un million de voitures ». Intox absolue ! D’autant que la comparaison ne figure même pas dans l’étude de la FNE, où il n’est d’ailleurs pas non plus question de navires « à l’arrêt.

La FNE a mesuré les concentrations de particules ultrafines dans l’air sur les hauteurs de Marseille et dans le terminal « croisières » du port maritime, où la pollution était 20 fois supérieure.

Cette différence s’explique par la nature du carburant utilisé par les navires de croisière. Ce n’est pas faux : selon les professionnels de la croisière, le carburant proposé à Marseille est en effet de mauvaise qualité.

Ce qui est faux, en revanche, c’est d’affirmer que « chaque jour, des dizaines de navires de croisière stationnent dans la cité phocéenne » : il suffit de regarder une photo aérienne du port de Marseille pour se rendre compte que c’est impossible…

Le GNL, la solution

Observons au passage qu’il n’y a pas que des navires de croisière qui relâchent à Marseille, mais que seule la croisière est dans le collimateur des écologistes. Initiatrice, à l’époque, d’une campagne de sensibilisation habilement intitulée « La croisière abuse », la FNE s’est tout de même réjouie l’année suivante — il y a donc déjà deux ans — du choix de MSC Croisières, imitée depuis par d’autres compagnies, d’utiliser le GNL comme carburant marin.

Comparée à celle du fuel lourd traditionnel, la combustion du GNL génère en effet des réductions de 100% des oxydes de soufre et des particules fines, 80% des oxydes d’azote et 20% de CO2.

Non, un navire de croisière ne pollue pas autant qu’un million de voitures ! Les questions environnementales sont aujourd’hui trop sensibles pour que l’industrie de la croisière, comme d’ailleurs les constructeurs aériens, ne se préoccupe pas de réduire au maximum les nuisances de toutes sortes que son activité génère inévitablement. Le traitement à bord des eaux usées et des déchets en est un autre exemple.

 

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