Le mariage entre Sunweb et Corendon sera-t-il consommé?

Le 3 juin 2019, nous vous informions que le groupe touristique Sunweb allait convoler en justes noces avec le voyagiste hollandais d’origine turque Corendon. L’article se terminait par la phrase prémonitoire « A suivre… » Nous ne pensions pas si bien dire, car cette semaine, les deux parties se sont retrouvées… au tribunal à Amsterdam !

Triton, propriétaire de la marque Sunweb, a en effet retiré son offre de rachat fin octobre, soit quelques jours avant la fin de la date butoir stipulée dans le compromis de rachat.

Cette annonce n’était pas au goût des dirigeants de Corendon qui arguent que Triton cherche juste à se débiner en raison de la crise du COVID. « Le mariage aura bien lieu », affirmait de manière déterminée Steven Van der Heijden, le CEO de Corendon le 13 novembre dernier. Et si ce n’est pas par amour, ce sera sur décision de la Cour.

On a ainsi appris lors de l’audience en référé initiée par Corendon ce lundi, le réel enjeu de la bataille: 146 M€ dont 90 M€ de dettes, le prix à payer pour la reprise de plus des quelques 750.000 clients hollandais et belges de Corendon et un chiffre d’affaires de 515 M€ en 2018.

Ce lundi, les débats consistaient à déterminer si Corendon avait obtenu l’approbation de l’autorité de surveillance du transport aérien (ILT), celle qui délivre les certificats de transporteur aérien (AOC). Une formalité selon Corendon, « pas certain », rétorquaient les conseils de Sunweb. Ce à quoi Corendon rajoutait que Sunweb voulait en réalité revendre les activités aériennes, raison pour laquelle ils insistaient sur l’AOC. « Faux », répondait Sunweb. Ambiance!

Certains analystes suggèrent que Sunweb escomptait que les autorités néerlandaise et belge de concurrence ne donneraient pas le feu vert pour la fusion dans les délais fixés dans le compromis, laissant le champ libre à l’acheteur pour se débiner.

Fin octobre, les autorisations nécessaires furent pourtant octroyées. Le produit de la fusion représenterait une part de marché de 40 à 50% en matière de voyages à forfait dans les deux pays, contre 30 à 40% pour TUI.

Une fois cette opportunité disparue, Sunweb aurait concentré son argumentation autour de la question du certificat de transport aérien. A voir si cet élément sera de nature à convaincre les juges qui doivent se prononcer le 7 décembre. A l’issue des débats les deux parties se sont déclarées très sereines et convaincues, chacune pour leur part, d’une issue favorable.

Affaire à suivre.

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