La Grèce, hors des sentiers battus (3)

Lygia et sa plage sableuse dorée léchée par une mer azur transparente.

Lors d’un séminaire web organisé fin septembre qui se posait des questions sur le tourisme de demain en s’appuyant sur le cas de la Grèce, diverses conclusions autour d’un modèle de développement durable ont été tirées et certaines destinations ont été mises en avant car elles permettent d’offrir des vacances culturelles mais aussi plus vertes. Suite de la seconde étape en Épire dans le nord de la Grèce, hors des sentiers battus.

De la verdure à perte de vue, des paysages escarpés, des gorges profondes, des torrents d’eau limpide, de vieux ponts de pierre et des villages intemporels humblement adossés aux collines vertes, tel se découvre l’arrière-pays épirote. Une aubaine pour les amoureux de la nature et ceux qui apprécient un mode de vie ancestral.

Le parc naturel du Pinde abrite entre autres des mouflons qui se laissent surprendre car ici on ne les chasse pas.

L’arrière-pays montagneux, le visage rustique de la Grèce

Le Pinde est l’un des plus vastes massifs montagneux de la Grèce et il englobe presque la totalité de l’Epire. La richesse exceptionnelle de la faune et de la flore de la région a amené le gouvernement à y créer un parc naturel traversé par l’Aoös mais aussi par la Voïdomatis, une rivière à truites bien connue des pêcheurs à la mouche.

L’impressionnant pont muletier qui enjambe l’Aoös à Konitsa ouvre en quelque sorte la porte des gorges et invite à une balade au cœur d’une végétation dense tout en suivant les eaux turquoise de la rivière.

La Voïdomatis est une rivière très pure et poissonneuse où se donnent rendez-vous les pêcheurs à la mouche.

Plus impressionnants, les douze kilomètres des gorges de Vikos creusées par la rivière Voïdomatis avec un dénivelé de près de mille mètres. Des dimensions qui en font une attraction incontournable pour les randonneurs mais aussi pour les amateurs de rafting.

Pas besoin d’être un as de ce sport car les cascades peu nombreuses ne sont guère tourbillonnantes. Une occasion exceptionnelle pour découvrir le défilé par son contrebas avec ses parois presque sur lesquelles s’accrochent obstinément quelques arbres suspendus au-dessus de nos têtes.

Le kayak est une des rares activités autorisées sur la rivière Voïdomatis car elle ne pollue pas l’environnement.

A la fois réserve zoologique et jardin naturel, le parc abrite de multiples écosystèmes, entre maquis denses, forêts de conifères, prairies préalpines et zones lacustres, de quoi offrir un petit paradis à une flore très variée.

On y trouve ainsi une cinquantaine d’orchidées différentes, une centaine de variétés de papillons tandis que sangliers, chevreuils, daims, chamois, chats sauvages, ours bruns et chacals hantent les sous-bois et les parois rocheuses. L’eau du fleuve Voïdomatis y est si pure et si préservée de l’homme qu’on peut la boire tout au long de la randonnée ou d’une escapade en rafting.

Les villages des Zagoria

Pas moins de 46 villages de pierre aux toitures couvertes de lauze surplombent les gorges. Autrefois, ils commerçaient librement dans l’empire ottoman, ce qui leur assurera une certaine prospérité.

Le petit village de Aristi caché dans les montagnes est typique des Zagoria avec ses toitures couvertes de lauze.

Les maisons, même de dimensions modestes, sont cossues pour des habitations montagnardes traditionnelles et un superbe réseau de sentiers muletiers jalonnés de ponts de pierre élancés à deux ou trois arches relient encore aujourd’hui les villages entre eux. Toutefois de nombreux villages qui opposaient une résistance farouche à l’envahisseur allemand ont été détruits. Ils se sont alors vidés peu à peu, tout comme le fit la famille de Thomas.

La crise que connaît la Grèce depuis quelques années a encouragé certains à quitter les villes pour retourner dans l’arrière-pays et quelques villages connaissent un regain de vie. Des maisons sont restaurées, on y ouvre des pensions de famille et chaque soir, le kafeneion réunit les uns et les autres qui ne se lassent pas d’admirer le coucher de soleil sur les gorges.

Le monastère de pierre St-Paraskevi construit en 1412 à flanc de falaise dans les gorges de Vikos est le plus vieux de la région des Zagoria.

A Monodendri, il faut gagner à pied le monastère d’Agia Paraskevi accroché à la falaise tel un bastion de pierres grises. Les moines avaient creusé un étroit chemin dans la roche qui offre un point de vue exceptionnel sur les gorges. Camaïeu de verts et de bleus, un tableau envoûtant qui invite à emprunter les sentiers qui zigzaguent d’un village à l’autre, en passant par le creux du canyon.

La beauté sauvage de la côte épirote

En Epire la mer n’est jamais loin et il est aisé de conjuguer les plaisirs de la montagne avec ceux de la mer, incontournables quand on part en vacances en Grèce. Encore faut-il trouver son chemin vers les criques dont les reflets bleus scintillent en contrebas, au-delà d’une végétation dense d’oliviers, de citronniers et d’abricotiers, bien à l’abri du trafic qui dessert la grand-route.

La petite ville colorée de Parga s’étage en amphithéâtre au creux d’une baie.

Le littoral égrène un chapelet de petites stations balnéaires à taille humaine pour le plaisir des familles : Syvota et sa baie dentelée où se blottissent des criques qu’on ne peut atteindre qu’en bateau, Loutsa-Vachros et son ruban de sable blanc aux reflets roses et dorés, Ligia scindée en deux par un éperon rocheux.

La perle n’en reste pas moins Parga, ancien bastion vénitien. La vieille ville, à cheval sur deux baies bordées de plages et couronnée par les ruines de sa forteresse, aligne ses maisonnettes colorées en amphithéâtre autour de son débarcadère.

Le village pittoresque de Parga offre une vue directe sur des îlots idylliques que l’on peut rejoindre à la nage ou avec des petits bateaux.

Un dédale de venelles pavées interdites aux voitures, des grappes de bougainvillées aussi hautes que les maisons, des tavernes établies sur le front de mer, un must pour les jeunes et les moins jeunes qui aiment à y contempler l’horizon barré par des îles lointaines.

Texte : Christiane Gor Photos : Charles Mahaux

A lire ou relire :

La Grèce, hors des sentiers battus (1)

La Grèce, hors des sentiers battus (2)


Infos pratiques.

Infos. Un site incontournable: www.visitgreece.gr.

Quand y aller ? L’Epire est une destination toute saison contrairement à la plupart des sites de vacances grecs. Neige en hiver avec même un domaine skiable à Metsovo, paysages flamboyants en automne, pas de fortes chaleurs en été grâce à l’altitude et paradis fleuri des randonneurs dès le printemps. Toutefois pour mieux rejoindre le début des itinéraires de marche, la voiture reste utile d’autant que les routes sont très bonnes et les distances courtes.

Y aller. En été le plus rapide est de passer par Corfou via les low cost de vacances. Y louer une voiture, prendre le ferry vers Igoumenitsa, en Epire. 2 heures de traversée paisible. Il faut compter ensuite une heure de voiture pour joindre Ioannina, autant pour joindre Bourazani et 20 minutes en plus vers les villages des Zagoria. En dehors de l’été, il faut passer par Thessalonique, en Macédoine. Il faut alors compter deux bonnes heures de route pour franchir quelque 250 km.

Se loger : A Bourazani, dans un ancien relais de chasse dont les 20 chambres ont une petite touche Liberty, www.bourazani.gr le propriétaire qui parle français et anglais est d’excellents conseils pour découvrir la région. Dans les Zagoria, le charmant village de Aristi est un bon point de départ pour les randonnées vers Vikos, Micro Papingo et Megalo Papingo. Le Taxiarches Hotel est un 3 étoiles avec une très belle vue sur la montagne. Le propriétaire propose ses services pour visiter la région et pratiquer du rafting www.taxiarches.gr

La gastronomie : Elle se veut simple mais savoureuse, à base des produits de la région : des légumes frais, de l’agneau, du poisson, des yaourts onctueux arrosés de miel, des pitas maison, des fruits confits au sirop, des risottos aux fruits de mer, aux champignons sauvages ou aux tomates séchées… Les vignobles de Zitsa s’épanouissent sur les flancs ensoleillés du Pinde autour de Ioannina. A retenir le domaine Glinavos www.glinavos.gr et son demi-siècle d’expériences et de traditions. Dans la montagne, on apprécie le tsipouro, un alcool fort réalisé en distillant le jus de raisin dans des petits alambics au cœur même des communautés villageoises.
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