Le Bitcoin n’en finit pas de prendre de la valeur, alimentant toutes les spéculations, des plus optimistes aux plus sceptiques. Même si le bitcoin venait à chuter, d’autres crypto-monnaies pourraient le concurrencer. Technologie blockchain, le bitcoin et les crypto-monnaies en général pourraient jouer un rôle dans l’industrie du tourisme. Certains pays ont d’ailleurs déjà pris des mesures dans ce sens. Coup d’œil sur ses avantages… à relativiser.

Révolution monétaire…

Le bitcoin est une monnaie virtuelle (crypto-monnaie) lancée en 2009 qui vise, entre autres, à concurrencer l’euro et le dollar. Au-delà de son aspect virtuel, c’est surtout une monnaie privée qui échappe – pour l’instant – aux régulations des banques centrales. Voilà une caractéristique qui attire beaucoup d’investisseurs, préférant la déflation à l’inflation permanente et à la manipulation des taux par les autorités. Même Christine Lagarde, pourtant directrice du FMI, estime que les crypto-monnaies « sont l’avenir ». L’autre innovation: la technologie blockchain, qui stocke et transmet les informations de transaction de façon transparente et sécurisée, sans organe de contrôle.

Certains professionnels du tourisme ont commencé à accepter le bictoin comme monnaie d’échange, et se prémunissent des fluctuations de change encore brutales en se couvrant via des prestataires comme Coinbase, qui administrent le système de paiement et les protègent contre les risques de change.

Et spéculation

Malheureusement, ce problème de change est aussi révélateur de la volatilité du bitcoin, conséquence de l’engouement intense qu’il suscite auprès des investisseurs. En 2017, la valeur du bitcoin est passée de 1.000$ à 16.800$ !

Un bon en avant de 1 685% qui s’explique aussi par l’influence de soutiens de marque comme le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein. Problème: pour l’instant, le bitcoin n’a pas d’autre valeur que celle que veulent bien leur donner les spéculateurs.

C’est donc, aussi, une bulle spéculative. Tôt ou tard, son cours risque de s’effondrer. Mais cela n’enlève rien à son avenir, les valeurs technologiques ayant connu un passage similaire avec la « bulle internet » dans les années 1990 et 2000. De plus, d’autres crypto-monnaies comme le dogecoin pourraient venir concurrencer le bitcoin et modérer son ascension (ou rattraper sa chute). Une ou plusieurs crypto-monnaies modifieront le paysage économique en devenant partie intégrante de notre réalité, mais sans doute pas avant plusieurs années.

Quelques précurseurs

Le moteur de recherche CheapAir.com Let’s Fly Cheaper ont été parmi les premiers professionnels à accepter le bitcoin.

Richard Branson, PDG de Virgin, permet également de réserver le fameux voyage dans l’espace (Virgin Galactic) en bitcoin.

Jusqu’à présent, cela reste assez anecdotique – et permet par la même occasion de se faire une publicité – mais le bitcoin a un réel avantage pour les sites marchands: les transactions sont gratuites, il n’y a pas de commissions pour les banques, et pas de problème de taux de change. Expedia, acteur plus important, a emboîté le pas en acceptant le bitcoin pour la réservation de chambres d’hôtel. Chez les compagnies aériennes, c’est airBaltic qui ouvre la voie.

Et les destinations ?

Le Japon est devenu le premier pays à reconnaître le bitcoin comme moyen de paiement, déjà accepté dans plus de 300.000 établissements. Depuis, d’autres pays comme la Thaïlande, les Philippines, Malte et le Mexique lui ont emboîté le pas, tandis que Taïwan serait l’un des pays où le bitcoin est le plus répandu.

L’État de Hawaï envisage aussi d’accorder un plus grand rôle au bitcoin et à la technologie blockchain dans l’industrie du tourisme.

S’ils parviennent à attirer les utilisateurs de bitcoin, de plus en plus nombreux, ces pays pourraient accueillir un nombre accu de visiteurs qui généreront davantage de revenus.

C’est aussi un moyen pour certains pays de s’affranchir du dollar ou encore d’éviter la fraude. En Thaïlande, le propriétaire du bar le « Beer Garden » a constaté que depuis qu’il accepte cette monnaie, de plus en plus de clients sont passés au bitcoin pour se prémunir des fraudes à la carte de crédit et aux faux billets, répandus dans le pays.

Autres avantages

Par ailleurs, au lieu de payer des frais (très) élevés pour retirer de l’argent à l’étranger ou de transporter de grosses sommes en liquide – ce qui pose parfois problème aux douanes – pour les échanger avec la monnaie locale, on dispose d’une réserve électronique. Cette réserve permet de ne pas se retrouver sans ressources si on se fait voler son portefeuille ou qu’on perd sa carte de banque. Dans certains pays, des distributeurs permettent de même de retirer de la monnaie locale en se connectant à son portefeuille bitcoin, avec des frais proches de zéro.

Le bitcoin devient aussi un thème de voyage, d’autant que ses utilisateurs forment une communauté internationale assez soudée. Plusieurs touristes ont mis en lumière leur voyage « bitcoin only », comme Felix Weis, un programmeur, qui a réalisé un tour du monde d’un an en utilisant uniquement le bitcoin comme monnaie d’échange.

Potentiellement, la technologie blockchain permettra aux touristes d’être en rapport direct avec les fournisseurs et les prestataires, ce qui risque d’éliminer le besoin d’intermédiaires. Plus largement, c’est la technologie blockchain qui risque de changer la donne. Mais d’ici à ce que les crypto-monnaies se banalisent, il faudra plusieurs années et sans doute passer par l’effondrement de leur cours en ascension fulgurante, car « une bulle finit toujours par éclater ». D’ici là, ne pas oublier que le secret est de toujours revendre trop tôt.

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Commentaires

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1 COMMENT

  1. Merci pour cette lecture
    C’est vrai que le bitcoin et les altcoins offrent plusieurs possibilités. Ces devises numériques fascinent aussi bien les investisseurs que les autorités financières des 4 coins du globe. Moi je me contente du trading bitcoin. Grâce au compte trading que j’ai créé sur globalmarkets-group il y a quelque temps, j’ai déjà fait des gains.

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