Voler écolo, ça peut rapporter gros !

Augmenter sa marge tout en étant écolo, Virgin Atlantic a montré que c’était possible dans une étude supervisée par la Harvard Business Review, qui montre que c’est en amenant ses employés à changer de comportement qu’on réduit le plus efficacement l’impact des entreprises sur le climat. Un objectif non négligeable, quand on sait que 21% des émissions de carbones aux États-Unis sont dues aux entreprises.

Les pilotes en première ligne

En informant 335 pilotes sur 40.000 vols que leur consommation de carburant était surveillée, et en leur attribuant un objectif personnalisé, Virgin Atlantic a constaté une grande amélioration, les pilotes prenant des décisions qui rendaient les opérations plus efficaces pour, in fine, réduire la consommation de carburant.

Non seulement ce changement de comportement a permis de réduire les émissions de CO2 de près de 21.500 tonnes, mais il a aussi fait économiser $5,4 millions en carburant à la compagnie aérienne sur huit mois. De toute évidence, être écolo, ça peut rapporter gros.

Pas nouveau pour Virgin

Cela fait déjà plusieurs années que la compagnie aérienne s’intéresse au comportement de ses pilotes. Ses équipes cherchent à prendre les meilleures décisions possibles dans le cockpit pour optimiser la consommation de carburant.

Trois grands comportements mesurables ont alors été identifiés avant, pendant et après le vol : (1) calculer et fournir la bonne quantité de carburant nécessaire avant le décollage (efficient fluel load) ; (2) voler à une altitude et une vitesse optimale pour une consommation plus efficace (efficient flight) ; (3) éteindre au moins un des moteurs après l’atterrissage pour sortir de la piste.

De l’effet Hawthorne au behavioral management

L’effet Hawthorne est un phénomène bien connu en sciences sociales : les personnes changent de comportement quand elles se savent observées. Les pilotes étant informés que leur consommation de carburant était surveillée, la plupart d’entre eux ont en effet adapté leur comportement.

Cela n’enlève rien aux résultats et à l’amélioration réelle dans la consommation de carburant. Mais la méthode semble aussi porter ses fruits : encourager les pilotes à améliorer leurs performances est un moteur suffisant pour les amener à changer de comportement. De plus, les pilotes ont conservé les habitudes prises au-delà de la fin de l’expérience.

Une technique « low-cost »

Changer de comportement ne coûte pas grand-chose. En fait, cela rapporte même plus que d’autres technologies qui visent à réduire les émissions-carbone. Pour chaque tonne de CO2 préservée, l’étude estime que Virgin Atlantic a économisé $250, là où elle n’en économiserait que $180 avec des techniques plus coûteuses.

Aller plus loin

Le monde de l’aviation, traditionnellement conservateur, a encore du chemin à faire. Les gesticulations d’écologie-spectacle de Solar Impulse ne suffiront pas à assurer la transition énergétique et on n’est pas près de voyager dans un avion dont les moteurs ne seraient alimentés que par l’énergie solaire. En revanche, pourquoi ne pas utiliser une motorisation électrique pour les déplacements de l’avion au sol, au lieu de faire vrombir les réacteurs ?

Mais à l’heure où le changement climatique constitue un défi préoccupant, Virgin Atlantic démontre tout de même qu’on peut déjà accomplir de grandes choses sans passer par des règlementations contraignantes ou l’appauvrissement. Le fait que ces changements de comportement n’ont produit aucun effet négatif (comme un temps de vol plus long par exemple) est une raison de plus pour les encourager. Une voie « comportementale » qui pourrait s’étendre ailleurs et contribuer à un triple bénéfice pour le secteur privé : hausse des profits, bien-être du personnel, impact bénéfique sur l’environnement.

 

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