Visit.brussels: une vision claire pour la capitale

© VisitBrussels

Agence bruxelloise du Tourisme, visit.brussels a comme objectif de promouvoir la région bruxelloise à l’étranger. Elle est dirigée par Patrick Bontinck depuis le 1er mai 2010. Un CEO avec une vision claire et assumée du Tourisme ainsi que du travail qui reste à accomplir.

Tout démarre en 1958

Si pour certains, l’exposition universelle de 1958 est considérée comme l’apogée du Tourisme à Bruxelles, la date est en réalité l’occasion de combler un manque: celui d’accueillir les touristes de passage dans la capitale. Le TIB (Tourism Info Brussels) voit alors le jour.

Fin des années ’90, deux ASBL fusionnent pour répondre à la problématique des lieux de congrès: TIB et Brussels Congress. Dix ans plus tard, dans le cadre de la réforme de l’Etat, une décision importante pour l’avenir du tourisme voit le jour. Jusqu’alors communautaire, le Tourisme devient une compétence régionale. Il se transforme en une matière économique et non plus culturelle. Un gros changement de mentalité vient de s’opérer.

ATOMIUM_-_Bruxelles,_Belgium_-_October_31,_2010_-_panoramio_(1)La dernière évolution en date remonte au 1er janvier 2017. La promotion de la région est désormais dévolue à l’agence qui représente Bruxelles dans 12 pays prioritaires. « Une attitude qui est loin d’être une particularité. Cela se fait dans d’autres pays » nous confirme Patrick Bontinck. Et de nous rappeler que passé la Manche, la chose se constate également. Londres a en effet son propre bureau de promotion.

Créer une identité pour Bruxelles

« L’ Ardenne est sans doute la seule région à avoir une identité touristique claire en Belgique » nous fait savoir d’emblée le CEO de visit.brussels. Pour Patrick Bontinck, Bruxelles doit s’affirmer comme une destination city trip incontournable. « Faire venir des gens plus longtemps est une aberration actuellement » renchérit-il. Si Bruxelles a eu du mal à se créer une identité claire, c’est qu’elle a été noyée dans des promotions diverses, une fois flamandes, une fois wallonnes, dont les touristes potentiels ne comprenaient pas la véritable identité.

L’avenir est finement analysé par Patrick Bontinck. S’il reconnaît volontiers que Bruxelles doit encore renforcer son identité, il croit dans le développement du marketing identitaire.

indexLa diversité bruxelloise comme atout

« D’après le New-York Times, Bruxelles est la seconde ville la plus cosmopolite au monde » nous dit-il. « Cette diversité fait partie de notre ADN. Avoir travaillé pendant 2 ans dans le cadre de l’année thématique Mixity nous a permis de faire rayonner cette image à l’international ». Ainsi que nous avons pu le mettre en avant via les différents papiers que nous avons consacrés à Bruxelles, il y a plusieurs cultures dominantes dans la capitale.

Le bâti bruxellois est la façade de cette diversité si particulière. « C’est cela que nous devons mettre en avant : notre identité. On ne peut plus se mentir dans la promotion. Les visiteurs retrouvent toujours la vérité sur une destination. Nous ne pouvons plus mettre deux ou trois jolies photos sur une affiche, nous devons promouvoir ce que nous sommes » nous fait enfin remarquer le chef d’orchestre régional au Tourisme.

Visit.brussels et l’accueil des journalistes

Faire venir des journalistes généralistes dans l’espoir de couvrir le parcours BD n’a aucun sens aux yeux du CEO. Il préfère cibler des journalistes spécialisés qui s’adresseront aux véritables fans du genre. « Les campagnes génériques, c’est de l’histoire ancienne, il faut attirer les gens par ce qu’ils aiment » renchérit-il. « On ne va pas dans les salons de blogueurs. Nous les choisissons par rapport à leur pertinence. Nous les traitons comme des journalistes ». Les instagrameurs sont plébiscités face aux youtubeurs; ces derniers ciblant souvent un public très jeune et plus éloigné de leur cœur de cible.

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La fin du roaming va accentuer l’utilisation des sites en responsive design au détriment des applications génériques. Pour le grand patron du Tourisme bruxellois, ce n’est plus à lui à développer des applications pour la capitale.

« Nous nous concentrons sur notre site en responsive design et nous offrons nos datas pour permettre à des startups de créer des applications spécifiques » nous informe-t-il.

Pas de Tourisme de masse

Comme nous le fait savoir Patrick Bontinck: « avant les attentats, le centre de Bruxelles rencontrait un succès croissant et parfois même trop important ». Les chiffres du Tourisme étant de nouveau à la hausse, il apparaît désormais primordial d’organiser des pôles et de dispatcher les visiteurs dans les 19 communes.

« On ne veut pas d’une croissance non maîtrisée » nous fait-il remarquer. Dans cet ordre d’idées, les cars qui ne s’arrêtent pas 24h00 dans la capitale ne font pas partie de la clientèle recherchée. « Il faut un intérêt économique sinon quel est l’intérêt? ». Le tourisme doit être une plus-value pour les habitants et le commerce. Ce positionnement est autre concernant les écoles et les groupes scolaires. Outre la mission éducative consacrée à Bruxelles et à l’Europe, visit.brussels se doit d’intéresser ces touristes de demain.

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Concernant les autocars, visit.brussels souhaite les limiter au maximum dans le centre-ville. Associé à la création des deux parcours hop-on, hop off, Patrick Bontinck ne comprend pas les critiques formulées par certaines administrations communales.

Pour lui, les parcours couvrent une grande partie de la capitale. La demande n’est pas encore suffisante pour exprimer d’avantages de circuits.

Les communes et le privé, des acteurs majeurs

Rendez-vous incontournable du Tourisme bruxellois, les awards dynamisent le secteur. Avec 27.000 événements organisés tous les ans, 100 musées, 200 hôtels, 2500 restaurants et des milliers de bars, l’offre est large. Tout le monde souhaite bien entendu être associé à l’agence. Organisme central dédié aussi à la culture, visit.brussels centralise l’ensemble des communications qui lui sont adressées. Elles sont réparties dans deux agendas repris sur le site. Les offres sont listées par thématique.

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Une tâche énorme. Au sein de visit.brussels, une personne de contact est dévolue auprès des administrations communales.

Pour Patrick Bontinck, les communes n’ont pas les moyens pour promotionner seules le Tourisme sur leurs territoires. Leur masse critique est insuffisante.

Une ville de congrès

Longtemps phagocytée par la Flandre, Bruxelles s’inscrit aussi comme ville de congrès. Une offre qui ne répond pas aujourd’hui à l’ensemble des attentes. Le projet NEO (Heysel) offrira un lieu attendu. Patrick Bontinck ne croit pas en l’engorgement du ring suite à la création de ce projet ambitieux. La majorité des congressistes ne viennent pas en voiture. L’objectif est de faire venir des grands congrès internationaux dans les domaines économiques où Bruxelles et la Belgique se démarquent le plus.

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