Urgence tourisme : Le Sri Lanka en alerte maximum

L’État islamique a revendiqué mardi, via son agence de propagande, les attentats qui ont fait au moins 321 morts au Sri Lanka dimanche dernier. Les enquêteurs ont identifié deux frères de religion musulmane comme membres-clés des kamikazes. Ils ont également annoncé qu’un attentat suicide supplémentaire, contre un quatrième hôtel de luxe, avait échoué.

Des étrangers auraient également été touchés

Au moins 31 étrangers ont été identifiés comme tués, d’après le ministère des Affaires étrangères. Mais, de son côté, la police locale a établi à au moins 37 le bilan des tués étrangers, alors que le processus d’identification des victimes s’avère compliqué.

Parmi les nationalités étrangères touchées, l’Inde paie le tribut le plus lourd avec huit citoyens tués, suivie de la Grande-Bretagne avec six morts. La Chine, l’Arabie saoudite et la Turquie comptent deux victimes chacune, contre une pour le Bangladesh, le Japon, les Pays-Bas, l’Espagne et le Portugal. Quatre victimes supplémentaires avaient la nationalité américaine et deux autres des passeports australiens et sri-lankais, selon la liste fournie par le Sri Lanka.

La communauté internationale réagit

La chancelière, Angel Merkel, a déclaré: « On ne peut pas laisser gagner la haine religieuse et l’intolérance ».

Le porte-parole de la présidence allemande a ajouté : « Nous sommes horrifiés par l’annonce que des chrétiens au Sri Lanka ont été attaqués et tués lors des offices de Pâques ». La Première ministre britannique, Theresa May, a également décrié les attaques, qualifiant ces événements de « véritablement effroyables » et a ajouté : « Nous devons faire front commun pour veiller à ce que personne ne soit jamais obligé de pratiquer sa foi dans la peur ».

Les luttes interraciales ne sont pas propres au Sri Lanka

Selon le recensement de 2012, 70 % de la population totale du Sri Lanka est bouddhiste, 12,6 % hindoue, 9,7 % musulmane et 7,6 % chrétienne ( représentant 1,5 millions de personnes).

On ne peut oublier que les rebelles « tigres tamouls » qui s’étaient battus pour créer une patrie indépendante pour la minorité ethnique tamoule du pays ont été éliminés en 2009.

Des églises et des hôtels pris pour cibles

De puissantes explosions se sont succédé dans trois hôtels de la capitale, Colombo. Vers 8h45, heure locale, les restaurants des hôtels Shangri-La et Kingsbury ont été touchés. Cinq minutes plus tard, le Cinnamon Grand Hotel était également touché.

Trois églises ont également été visées par cette vague d’explosions : le sanctuaire historique Saint-Antoine de Colombo, l’église Saint-Sébastien de la ville de Negombo, au nord de la capitale. Vers 9 h 05, l’église de Zion, dans la ville de Batticaloa, sur la côte est, a été également la cible d’extrémistes.

Des étrangers sont à dénombrer parmi les victimes

Même pendant la longue guerre féroce contre les Tigres Tamouls, aucun étranger n’avait été touché.

Cette fois, on compterait 32 étrangers parmi les morts, dont des citoyens britanniques, néerlandais, portugais, chinois, indiens et américains. A Paris, le Quai d’Orsay a ouvert une cellule de crise joignable au numéro d’urgence 01 43 17 51 00

Les recommandations du Seto (Syndicat des Tour opérateurs)

Les tour-opérateurs ont pu contacter la plupart de leurs clients pour lesquels les programmes ont été réaménagés. Les clients en voyage à forfait ayant un départ jusqu’au 25 avril inclus peuvent :

  • Partir comme initialement prévu sachant qu’il est possible que certaines modifications de programme interviennent ;
  • Reporter sans frais leur voyage au Sri Lanka selon le produit initialement réservé ;
  • Reporter sans frais sur une autre destination (selon la programmation du TO)
    Les tour-opérateurs se tiennent à la disposition de leurs clients et des agences de voyage pour répondre à leurs interrogations.

Pour les départs à partir du 26 avril 2019

Le SETO communiquera sur l’évolution de la situation locale au plus tard le jeudi 25 avril 2019.

Bien évidemment, ces mesures pourront être modifiées à tout moment en fonction de l’évolution de la situation locale et dans un souci de l’intérêt de la clientèle, des agences de voyage et des tour-opérateurs.

Faut-il renoncer à son voyage au Sri Lanka ?

C’est la question que se posent de nombreux voyageurs. Il faut savoir que la sécurité a été grandement renforcée.

Les compagnies aériennes continuent de desservir Colombo sans problèmes. Par contre, les passagers doivent arriver à l’aéroport au moins quatre heures avant le départ.

Les touristes qui quittent le pays peuvent se rendre à l’aéroport en dépit du couvre-feu national en vigueur. Ils doivent présenter leur ticket de police aux différents points de contrôle.

Nous conseillerions d’éviter un séjour dans la capitale pour le moment. Les zones balnéaires sont aujourd’hui surveillées et tranquilles.

Les circuits vers les zones touristiques s’effectuent sans problème. Il peut y avoir des barrages de police sur les routes. Il s’agit de mesures de sécurité.

A notre avis, un voyage au Sri Lanka peut parfaitement s’effectuer dans la mesure où on respecte les consignes données par les autorités.

Serge Fabre

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