Une start-up cela prend des risques et si elle n’en est pas capable, il ne fallait pas se lancer dans l’aventure

Xavier Damman

La grande mode aujourd’hui est de s’adresser à l’État et aux Régions pour demander une aide spécifique. Chacun y va de son couplet, pour expliquer que son secteur est vital pour l’économie et nécessite un coup de pouce supplémentaire, en plus de ce qui a déjà été mis sur la table par le gouvernement. Mais ce discours ne passe pas toujours… Et pour être crédible, il faudra montrer patte blanche.

Au Danemark et en Pologne, par exemple, les aides de l’Etat sont conditionnées au fait que les entreprises, qui pourraient en bénéficier, ne pratiquent pas l’évasion fiscale en ayant des sièges ou des filiales dans des paradis fiscaux.

En Belgique, le PTB a saisi la balle au bond et va déposer une proposition de loi qui va dans le même sens. Si les autres parlementaires suivent sa suggestion, cela risque de faire mal même si dans le chef de ces entreprises ce n’est pas de la fraude mais de l’optimisation fiscale légale.

En période de crise, ce discours en nuance risque d’être totalement inaudible. Richard Branson, l’un des milliardaires les plus connus au monde en fait d’ailleurs l’amère expérience… Alors qu’il vit une bonne partie de l’année sur son île privée, il a demandé officiellement au gouvernement de Boris Johnson de lui prêter 500 millions de livres pour sauver sa compagnie aérienne Virgin Atlantic.

Pour le moment, le gouvernement britannique (qui est pourtant conservateur) lui a fait comprendre qu’il n’avait qu’à puiser dans sa fortune personnelle pour sauver sa compagnie aérienne.

Ce dernier a beau expliquer que ce n’est qu’un prêt et qu’il sera remboursé plus tard, il a beau expliquer que sa fortune a fondu depuis le coranovirus, que cette fortune de 4 milliards de livres est virtuelle, car ce n’est pas du cash mais des actions de sociétés. Branson a beau expliquer qu’il a créé des dizaines de milliers d’emplois, rien à faire, le gouvernement britannique fait pour le moment la sourde oreille.

En Belgique, dans un registre plus modeste, le collectif qui représente les presque 1.000 start-up belges a aussi envoyé hier une lettre au gouvernement fédéral pour demander des aides plus spécifiques pour les start-up. Ce collectif a même précisé que la moitié des start-up sondées par leurs soins avaient juste assez de liquidités pour résister jusqu’en septembre.

La réponse n’a pas tardé non plus, et elle n’est pas venue du PTB, mais d’un autre start upper, le Belge Xavier Damman. Ce dernier a plutôt bien réussi dans son domaine et il n’y va pas de main morte. Clairement, il dit que si les dirigeants de start-up veulent un emploi garanti, ils n’ont qu’à devenir fonctionnaires !

Il ajoute même que c’est amusant de constater qu’en période de crise tout le monde devient socialiste. Pour Xavier Damman, c’est clair, le métier de start-up est par définition un métier à risque et si ces entrepreneurs n’étaient pas prêts à le prendre ce risque, il ne fallait pas se lancer dans l’aventure.

Damman va plus loin encore. Les dirigeants de start-up nous ont expliqué depuis des années qu’il fallait être agile, être souple et « pivoter » c’est-à-dire changer de modèle économique quand les circonstances changent. Bien, dit-il en substance, elles n’ont qu’à s’appliquer leurs bons conseils.

Même s’il reconnaît l’importance des start-up pour l’avenir du pays, il ne voit pas pourquoi des personnes organisées en syndicat (que ce soit des start-up ou d’autres) auraient plus l’oreille et donc l’aide du gouvernement que des infirmières qui, elles, n’ont pas vraiment de porte-voix.

Oui, en ce moment, face aux aides des États et des Régions, les vrais capitalistes ont quasi le même discours que les communistes du PTB… Mais c’est leur seul point commun.

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