Une roulette russe pour des billets d’avion

Je ne résiste pas au plaisir de reprendre les propos de C. Matyszczyk, qui, mieux que personne ne sait mettre en valeur les secrets les mieux gardés des transporteurs aériens. Dans la série : ne jamais prendre les gens pour des pigeons, mais ne jamais oublier qu’ils peuvent voler sur d’autres compagnies.

Notre propos concerne l’information communiquée lors des ventes de billets d’avion par Internet.
Si vous achetez des billets d’avion via un site spécialisé, ou un comparateur de prix, il faut être patient et parfois même savoir attendre son heure.

Donner du temps au temps pour voir l’évolution des tarifs en croisant les doigts pour espérer la baisse tarifaire espérée. Des fois, ça marche, parfois, ça ne marche pas. En quelque sorte la roulette russe adaptée à l’achat de billets d’avion. Une «anomalie assez technique» vient d’être dévoilée par le site www.godsavethepoints.com/using-points-miles/. Le site-roi des programmes de fidélité aériens et autres bonus.

Le résultat de l’investigation démontrait que, si vous achetiez via Google flight un vol proposé par Delta Airlines, sous la dénomination «Premium tourist» il vous était vendu un tarif en classe économique classique.

L’affaire est même un peu plus ambiguë, car Delta Airlines commercialise ce type d’offre lorsqu’elles concernent les vols de son partenaire d’alliance Virgin Atlantic.

Ce qui concrètement, se traduit ainsi : si vous réservez, via Google flight un trajet Londres/Los Angeles opéré par Virgin Atlantic en classe «Premium Economy» cela signifie que vous êtes prêt à payer plus pour avoir un peu plus de confort.

Si vous réservez via Delta Air lines, à la même date, le même trajet, dans la même classe, toujours sur Virgin Atlantic, la différence de prix avoisinera les 1000 € par rapport à l’offre de Virgin Atlantic. Pire, vous voyagerez en classe économique classique. En clair, vous payerez plus pour un confort moindre.

Cela pourrait ressembler à une tromperie. Avec l’ambition de fausser la concurrence en biaisant l’offre de son partenaire commercial. Et en encaissant au passage des plus-values confortables. Mais les consommateurs sont lésés par de telles pratiques.

Le politiquement correct étant la norme, la réponse de Delta Air lines est édifiante :
«Delta Airlines reconnaît que les limites de certaines expériences d’achat sur des sites tiers ne sont sans doute pas idéales. C’est la raison pour laquelle Delta Airlines mène une collaboration sectorielle pour que les passagers aient accès direct à tous les produits Delta Air lines, peu importe où ils font leurs achats. Il est temps que les sites tiers, y compris Google flight, investissent dans la technologie nécessaire pour afficher les différents produits disponibles afin que les consommateurs puissent voir toutes leurs options clairement, comme l’a fait Delta pour les clients sur notre site delta.com.?»

Donc, toute cette histoire, c’est uniquement de la faute de Google flight?!

Nous savons tous que les transporteurs aériens ne sont pas toujours suffisamment transparents et défendent avec acharnement leurs prérogatives. Il est facile de comprendre pourquoi ils n’apprécient pas les comparateurs aériens. Pire, ils ne leur donnent pas toujours les informations détaillées dont ils disposent. Alors, les accuser de ne pas assez informer les voyageurs, c’est assez «gonflé?»

En fait, cela confirme une vieille constatation. Les transporteurs cherchent à se dispenser totalement de tous les intermédiaires. Sous quelques formes que ce soit. « Qui veut noyer son chien, dit qu’il a la rage »

François Teyssier

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