Une nouvelle ère de la croisière s’ouvre le mois prochain

Lancé le mois prochain par Costa, un paquebot géant inaugurera une nouvelle ère dans l’histoire de la croisière, puisque propulsé cette fois au gaz naturel liquéfié, une réponse adaptée aux critiques dont le secteur fait l’objet quant à son empreinte sur l’environnement.

Car avec le GNL, les gains environnementaux seront substantiels : réduction de 95% des émissions de particules fines, de 85% des oxydes d’azote (NOx) et de 25% pour le dioxyde de carbone (CO2). Et il n’y aura aucun rejet d’oxyde de soufre (SOx).

Le choix de Carnival

Long de 337 mètres pour une largeur de 42 mètres et un tirant d’eau de 8.8 mètres, le Costa Smeralda arrive en seconde position sur le podium mondial des plus gros paquebots. Les navires de la « famille » sont même premiers en termes de capacités, puisqu’ils peuvent accueillir encore plus de passagers que les Oasis, livrés à la compagnie américaine Royal Caribbean International en 2009 et 2010 : le Costa Smeralda comptera ainsi 2612 cabines et suites, de quoi loger 5224 clients en base double et jusqu’à 6518 avec tous les lits disponibles. A cela s’ajouteront 1682 membres d’équipage.

Carnival Corporation, maison-mère du groupe Costa, avait choisi dès 2015 de lancer un plan d’investissement colossal dans une nouvelle génération de paquebots fonctionnant au GNL. Non seulement pour Costa et AIDA, avec respectivement deux et trois navires commandés à ce jour, mais aussi d’autres marques : Carnival Cruise Line et P&O Cruises. L’AIDAnova a ainsi été le premier navire de croisière au monde à être équipé d’un moteur au gaz naturel liquéfié [lire ici]. Le Costa Smeralda sera, en octobre, le premier navire au GNL sous le pavillon de Costa. Il fera ses débuts le 20 octobre prochain avec une croisière de positionnement de 15 jours, entre Hambourg et Savone. Cet itinéraire comprendra des escales de deux jours dans certaines villes européennes, comme Hambourg, Rotterdam, Lisbonne, Barcelone et Marseille, où le navire, qui y sera en tête de ligne, sera présent pour la première fois les 1er et 2 novembre  avant d’être baptisé à Savone le 3 novembre.

La réponse de MSC

Le groupe MSC n’est pas en reste puisqu’il prendra livraison, le 31 du même mois, du MSC Grandiosa et que, le même jour, les Chantiers de l’Atlantique procèderont à la découpe de la première tôle du premier des quatre nouveaux paquebots géants du projet World Class de MSC : des navires de 333 mètres de long pour 47 mètres de large, dotés de 2632 cabines et suites, pour une capacité maximale de plus de 6.000 passagers, servis par 2126 membres d’équipage.

Ces navires, qui feront partie des plus gros paquebots du monde, seront eux aussi équipés d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié et seront d’ailleurs les premiers du genre à être produits dans l’estuaire de la Loire.

C’est en juin de l’année dernière qu’avait été signée la première commande de navires GNL aux Chantiers de l’Atlantique. Un contrat de près de 3.5 milliards d’euros conclu avec MSC Cruises pour la réalisation des deux premiers World Class, mais aussi la construction d’une cinquième unité de la famille Meraviglia, équipée de moteurs fonctionnant au gaz et qui aura le même gabarit que le Grandiosa, troisième exemplaire de cette classe.

50 ans d’expérience

La propulsion au GNL dans le secteur maritime s’appuie sur plus de 50 ans d’expérience des chantiers et armateurs avec les méthaniers, ces navires chargés de transporter le gaz depuis les zones de production jusqu’aux bassins de consommation. Car le GNL, bien moins inflammable, offre une sécurité accrue par rapport à un carburant classique.

Le GNL pourra aussi, selon les cas, être combiné à d’autres technologies afin de réduire le bilan énergétique des navires. On peut penser aux développements dans le solaire ou l’éolien, mais aussi l’emploi de piles à combustible, qui feront d’ailleurs l’objet d’une première expérimentation à bord du sistership du Costa Smeralda.

L’autonomie avec un fonctionnement au gaz est donnée à deux semaines pour une consommation totale de 3000 m3 de GNL avec des escales quasi-quotidiennes. Mais il n’est pas encore possible de s’avitailler partout en gaz liquéfié. La possibilité demeure donc de faire tourner les machines avec du gasoil.

[Avec Mer & Marine]

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