Une journée au Mondial, à Kaliningrad: le jeu en vaut il la chandelle?

©AFP

J’ai acheté ma participation et donc je suis en droit de juger, en tant que client, le rapport qualité/prix de cette journée.

Si une journée football en Russie vous tente, vous n’aurez pas le choix, l’avion sera le meilleur moyen de transport. Suis je revenu fatigué? Crevé est le juste mot. Avec un rendez vous à l’aéroport de Bruxelles National à 05.00 du matin et un retour à 04.10 à l’atterrissage le lendemain, l’avion TUI était plein, et les passagers, sans exception, exténués.

Mais il fallait s’y attendre, et quand on aime non seulement on ne compte pas, mais on se doit de subir aussi. La journée en résumé : arrivée à Kaliningrad à 09.00 du matin, petit déjeuner servi dans l’avion, du moins pour ceux qui l’avaient payé. 1er contrôle d’immigration de la journée, votre FAN ID et votre passeport obligatoire, gare aux distraits!

Un peu de tourisme avant le match

Un aéroport neuf et plaisant, les Russes ont bien fait les choses niveau hospitalité, des volontaires habillés en bleu se retrouvent sur votre route tout au long de la journée pour vous assister, vous guider ou simplement vous donner un « Give me Five » avec une énorme main en mousse bleue, sympa. Les autocars sont au rendez vous, et en route vers le centre ville.

Je vous fais grâce de l’historique de la ville, anciennement KONIGSBERG (Prusse Orientale), Kaliningrad vous offre sa cathédrale orthodoxe, son musée maritime et de l’eau, et évidemment son nouveau stade, qui m’a fait penser au stade GHELAMCO de Gand. Chose moins comique, cette enclave russe de 15.000 km2, insérée entre la Lituanie et la Pologne, Kaliningrad reste un point stratégique pour la Russie de Poutine, un peu comme la Crimée…

J’arrête de vous faire peur, et revenons au foot. Après un lunch 3 services dans un restaurant typique, nous voilà déposés à la FAN ZONE.

Fouille sécuritaire complète…

L’occasion de découvrir la population locale, ivre de contacts extérieurs, de selfies, de souvenirs, d’échanges. Une vraie chaleur humaine, seule boisson alcoolisée autorisée, la bière Budsweiser et des softs.

Pas de hooligans, pas d’ivresse sur la voie publique, dans cette enceinte du moins, et une ambiance musicale parfois un peu hard à mon goût. Plus ou moins 2 à 3 heures avant le match, nous devons parcourir à pied le Last Mile pour rejoindre le stade, en suivant un fil rouge tracé sur le sol, impossible de se tromper. Le trajet était ponctué d’animations diverses et sympas.

A l’arrivée au stade, rebelote, contrôle sécuritaire encore un peu plus poussé, et nous voilà dans le sacro saint nouveau stade construit spécialement pour ce Mondial. L’utilité future de ce stade de presque 35.000 places restera à découvrir. Le match en soit, vous en connaissez le résultat, avec un neuf sur neuf, notre sélection belge n’a pas démérité.

« Space Investigator »

Juste après le match, promenade en sens inverse du fameux Last Mile, pour rejoindre l’autocar, il sera déjà 22h45 lorsque nous l’atteignons, et 23h45 à l’aéroport avec un décollage pile à l’heure à 02h00 du matin. Une belle journée de football durant laquelle j’aurais appris que le montant mensuel moyen de la retraite dans cette enclave russe est de …250 €. A bon entendeur, salut.

Une guide interprète locale sympa, qui durant ses commentaires sur un monument dédié à un héros de l’espace, n’arrivait plus à se remémorer comment dire astronaute pour les américains et cosmonautes pour les russes, et a trouvé l’astuce suprême en disant simplement « Space Investigator ». Je l’ai apprécié, celle-là.

Alors quoi? A faire ou non? Pour une journée? Si vous êtes un irréductible fan de foot, oui. Je le suis aussi, niveau national. Mais sachez qu’entre choisir le direct du terrain OU le confort de votre chez vous, ou devant grand écran entre copains, en plus des replays divers et des débats, on se sent quand même encore plus près de l’action.

Et je neutralise l’élément de patience dont vous devrez faire preuve pour subir 6 contrôles sur la journée.

Appréciation globale: 7/10

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY