Une ex-enclave indépendante en Wallonie

Cet article aurait presque pu figurer dans notre série « Destination-découverte » (laquelle reprendra bientôt !). Vous connaissez peut-être Fagnolles (avec ou sans s), mais connaissez-vous son histoire ? C’est évidemment le célèbre (chez nous) écrivain régionaliste Arthur Masson qui rendit le lieu à moitié célèbre, et inventant le nom de Trignolles par contraction entre Treignes et Fagnolles.

Le comté de Fagnolles, très curieusement, faisait partie du Cercle de Westphalie et donc du Saint-Empire romain germanique, tout comme la Principauté de Liège. Mais il était aussi une enclave indépendante dans cette même Principauté, gouverné par Marie d’Enghien, dame de Cluny. Cette gente dame eut comme amant Louis d’Orléans, frère de Charles VI, avec qui elle eut un enfant : Dunois, fidèle compagnon de Jeanne d’Arc.

Le château de Fagnolles est actuellement une ruine aménagée, et donc en partie visitable. Il doit cet état de ruine à Guillaume le Taciturne, prince d’Orange. Sous l’Empire, le comté fait partie du département des Ardennes ; il était alors possession de Charles Joseph, prince de Ligne, qui le proposa comme refuge à Jean-Jacques Rousseau.

Au lendemain de Waterloo, Fagnolles comme toutes nos provinces fut annexé par les Pays-Bas, mais profitant de l’indépendance belge en 1830 et des multiples remaniements territoriaux qui s’en suivirent, l’ancienne enclave réclama son indépendance pendant 10 ans ! En vain, bien sûr.

Château de Fagnolle - Wikiwand

Cette petite région entre Couvin et Philippeville, dans les Ardennes namuroises, vaut assurément le détour. On peut à Treignes visiter le musée dédié à Arthur Masson, l’inénarrable inventeur du suppositoire calibré.

Et le château de Fagnolles, ouvert de mai à septembre, tout entouré de douves et toujours en restauration est un endroit des plus agréables, romantique à souhait. Sans compter que Fagnolles est l’un des plus beaux villages de Wallonie !

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