Un troisième pont sur le Bosphore

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a inauguré vendredi dernier le troisième pont sur le Bosphore, au nord d’Istanbul, nouveau point de jonction entre l’Asie et l’Europe. Cette superstructure a été édifiée en un temps record, malgré les défis d’un tel projet, le pont combinant les techniques de pont suspendu et haubané.

Un projet à la hauteur des ambitions turques

« Il y a eu une volonté politique d’aller vite », a assuré Michel Virlogeux, l’ingénieur en charge du projet. Construit en moins de 4 ans seulement, il s’agit du plus long pont à haubans du monde (2 164 mètres). D’une largeur de 60 mètres, le pont dispose non seulement de huit voies d’autoroutes mais aussi de deux corridors ferroviaires. Cette ligne de train pont reliera Edirne à Izmit, et sera intégrée au métro de Marmaray et d’Istanbul. Mais elle permettra surtout de rejoindre l’aéroport international d’Atatürk, celui de Sabiha Kökçen, ainsi que le troisième aéroport actuellement en construction.

Le coût total s’élève à 2,5 milliards d’euros. D’abord estimé à 2,13 milliards, le montant a en grande partie (1,69 milliards d’euros) été prêté par un pool de banques turques au consortium formé par la holding turque IC et le groupe italien de BTP Astaldi, qui s’est chargé de la construction du pont et en assurera la gestion pour les dix prochaines années.

Un maillon de l’autoroute Anatolie-Europe, et au-delà

Cet ouvrage spectaculaire s’inscrit dans le projet de construction d’une autoroute Anatolie-Europe, longue de 150 km. Mais il fait partie d’un projet plus large encore, du rêve de la « nouvelle Turquie » d’Erdogan, qui inclut d’autres grands projets d’infrastructure : un tunnel eurasien, un troisième aéroport, ainsi qu’un canal maritime creusé parallèlement au Bosphore et qui permettra la jonction entre la Mer Noire et la Mer de Marmara.

Une nouvelle fenêtre sur la Mer Noire

Le pont Yavuz Sultan Selim — du nom du sultan ottoman qui conquit de larges pans du Moyen-Orient au cours de son règne de huit ans — va avant tout décongestionner Istanbul, puisque sa capacité d’accueil quotidienne est estimée à 270 000 voitures. Pour le ministre du transport Ahmet Arslan, c’est aussi un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air. De plus, ce nouveau pont, situé au nord d’Istanbul, va permettre à la mégalopole turque de s’ouvrir davantage sur la Mer Noire.

« Nous sommes en Europe, et nous allons rejoindre l’Asie par la mer pour la troisième fois », a déclaré le président Erdogan avant de couper le ruban. « Nous connectons les continents grâce au pont », a-t-il lancé, ajoutant : « Les films du monde entier seront tournés ici ». Une plus-value qui ne vient pas immédiatement à l’esprit, mais pourquoi pas ?

Pour l’architecte Michel Virlogeux, « ce pont met la Turquie au premier plan mondial, c’est le plus spectaculaire construit ces dernières années ». Quoi qu’il en soit, cette nouvelle infrastructure va apporter beaucoup à la mégalopole turque, qui compte plus de 14 millions d’habitants.

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY