Un tour en cuisine

© Hôtel Ritz

La restauration est un élément incontournable du voyage et du tourisme : l’Occidental prend généralement trois repas par jour. Et comme il y a différentes sortes de touristes, il y a différentes sortes de cuisines.

Il y a par exemple le touriste qui transporte ses habitudes ou ses préférences sur une destination au climat plus favorable, et qui impose à l’étranger sa façon de manger et ses horaires. C’est le cas sur les côtes espagnoles, où le steak-frites-salade est apparu dès les années ’60 à Benidorm, qui était à l’époque une sorte de Costa Belga.

Il y a aussi le touriste qui, comme le précédent, achète le soleil et la mer dans un « package » où, pour sa facilité, il choisit de vivre dans un « all-in », avec un large buffet, dont il s’apercevra après trois jours qu’il propose toujours le même choix de plats, dans la gamme qu’on appelle « cuisine internationale », susceptible de plaire à tous, quelle que soit la culture culinaire.

© TUI

Il y a encore le touriste du type « back-pack » qui se contente de peu : il mange le plus souvent avec ses doigts pour gagner du temps, sandwiches, pizzas, pitta, tacos, sushis, etc. C’est moins de la cuisine que de la nourriture, elle a pour seule fonction de combler un besoin, sans s’attarder sur la qualité ni sur le goût (même s’il y a aussi de bonnes choses parmi celles-là).

Et enfin il y a le touriste vrai, celui que nous sommes aussi quand on choisit un restaurant à 20 km de chez soi, pour le plaisir, pour la découverte, pour l’expérience, qu’elle soit gastronomique ou de terroir.

Je suis personnellement un adepte de l’émission Top Chef, parce qu’elle est vachement bien faite : concours, suspense, rebondissements, techniques, produits, émotion… Tout cela fait une émission didactique (un peu) et très réussie. Mais… j’y constate une lente dérive qui sacrifie à la mode.

Voici qui a été éliminé hier de Top Chef, aux portes de la finale. -  Leblogtvnews

De plus en plus on y voit des épreuves qui tournent autour du visuel, proche de l’œuvre d’art, du minimalisme, proche des repas de moines, du véganisme (chacun ses goûts), du street-food (manger debout n’est pas manger), de l’orientalisme (et c’est très bien), et la cuisine française de tradition y est beaucoup moins présente.

Est-ce un bien, est-ce un mal ? Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, dit-on. Mais disons que le « slow-food » n’y trouve pas sa place. C’est impossible quand on donne (pour des motifs de production) 1 heure ou 2 pour réaliser un plat gastronomique.

C’est une évolution qui est analysée par l’excellente newsletter Atabula, réservée aux professionnels, et qui l’analyse dans son Alabulab, une sorte de centre d’études sur la cuisine d’aujourd’hui.

© Atout France

Et chose curieuse, après avoir fait le constat que le slow-food est un échec en France, que le visuel et les effets de mode semblent triompher, le même organe constate aussi le succès grandissant des restaurants « de province », c’est-à-dire ceux qui prônent le retour au terroir, aux potagers de restaurants, à une cuisine où l’on trouve quelque chose dans son assiette.

Le Palace 5* Paris vous convie à la Table du Chef du restaurant  gastronomique

Mais revenons au tourisme et aux voyages, pour constater qu’en cette période de pandémie et de fermeture des restaurants, il reste pourtant une restauration active (au-delà des « take-away »), c’est la restauration d’hôtels. Et c’est très bien ! Pour avoir voyager dans le monde entier avec des personnes de nationalités variées, j’ai toujours été étonné de voir comme la cuisine des hôtels était mal considérée, sauf en France et en Belgique.

J’ai toujours trouvé cela très injuste, et cette période nous permet de redécouvrir qu’il y a dans les hôtels de très bons, parfois de très grands cuisiniers, dont le métier est extrêmement difficile puisqu’ils doivent proposer une carte sensée plaire à toutes les cultures. Une gageure !

C’est donc le bon moment pour faire un break, réserver une chambre d’hôtel n’importe où, et manger un vrai repas de chef dans sa chambre. Vous verrez, il y a des découvertes surprenantes à faire !

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY