Un parc d’attraction géant de plus
en Chine

Le groupe chinois Dalian Wanda, géant du divertissement détenu par l’homme le plus riche du pays, a inauguré la première phase d’un parc touristique d’une valeur de 34 milliards de yuan ($5,1 milliards), dans la ville de Hefei, à l’est du pays.

Des ambitions à la hauteur du pays

Le groupe Wanda construit d’autres projets similaires partout dans le pays. Comme de nombreuses autres entreprises chinoises, Wanda mise sur l’augmentation des revenus et l’émergence d’une classe moyenne (supérieure) qui viendrait booster la demande intérieure, où le tourisme domestique obtiendrait sa part du gâteau. Par conséquent, le porte-parole du groupe Wang Jianlin déclarait le mois dernier que Wanda envisageait de construire au moins vingt complexes similaires en Chine.

Cette première « phase » qui a été inaugurée correspond à 160 hectares : parc à thème, hôtels et centres commerciaux. La seconde phase inclura un « indoor recreation project », selon une déclaration de la société, sans plus de précisions.

Mickey comme concurrent

Le porte-parole du groupe, Wang Jianlin, s’est confié sur leur concurrent direct : Walt Disney Co., qui a ouvert un parc d’une valeur de $5,5 milliards en juin dernier. « Chez Wanda, je dis toujours que nous voulons faire en sorte que Disney ne soit pas rentable pour les 10 à 20 années à venir dans ce secteur »,

Clientèle chinoise : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier

Si l’on a constaté une augmentation des revenus en Chine – qui va, en effet, généralement de pair avec une augmentation de la demande intérieure – il ne faut pas pour autant se reposer sur ses lauriers. La « grandeur de la Chine » va bientôt devoir faire face à plusieurs difficultés accumulées au cours des dernières décennies : dettes privée et publique, phénomène de shadow banking et crédits toxiques, bulles spéculatives et même chômage (particulièrement chez les jeunes hommes). Il faut ajouter à cela les problèmes démographiques (déséquilibre homme-femme) et écologiques (pollution de l’air et de l’eau) qui représentent des défis handicapants pour pérenniser le développement chinois.

Finie la croissance à deux chiffres. Le ralentissement économique chinois a affecté plusieurs secteurs de consommation. Si les chiffres du tourisme avaient augmenté de 16% en 2015, ils sont en stagnation cette année, selon la CNTA (China National Tourism Administration). Or, les organes officiels en Chine sont réputés pour présenter les choses de la façon la plus avantageuse possible.

La rentabilité avant tout

Le groupe Wanda ne s’arrête pas à ces considérations et continue d’investir massivement en Chine en espérant tripler ses revenus issus de la division culturelle – qui inclut divertissement (cinémas par exemple), sport et tourisme – jusqu’à 150 milliards de yuan ($22,5 milliards) d’ici 2020.

On risque donc bien de continuer à assister à des projets faramineux en Chine, dont le ROI (Return On Investment) se fonde uniquement sur cet espoir de demande intérieure, quitte à former des bulles spéculatives qui, tôt ou tard, finissent par s’effondrer.

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