Un mode de calcul qui nous coûte cher

La Belgique se targue d’avoir eu la meilleure méthode de calcul des décès dus au corona virus, en tout cas la plus transparente. Louée par les uns, vilipendée par d’autres, cette méthode a en tout cas fait beaucoup de mal au tourisme.

En gros, la méthode était de dire (au moins au début de la pandémie) : comptons tous les décès durant cette période, qui seraient susceptibles d’être dus au virus. En conséquence, nous battons le record du monde de morts par habitants, et nous sommes même fiers de notre « honnêteté intellectuelle ». Sauf qu’en réalité, c’était une grosse bêtise.

Soit tout le mode (et au minimum tous les pays de l’Union) adoptait le mode de calcul belge, et alors les chiffres étaient comparables, soit chacun calculait de la façon qu’il voulait. Ce que quasi tous les pays ont fait, avec une arrière-pensée intelligente : ne pas détruire leur réputation.

Ainsi quand les frontières ont commencé à se rouvrir, des pays très infectés n’étaient pas sur la liste noire, mais notre brave et transparente Belgique était, elle, la brebis galleuse !

En voulant montrer l’exemple, en mettant en avant le pire au lieu du mieux, on a pénalisé tout un secteur : celui du voyage des Belges à l’étranger.

Et on recommence maintenant avec le voyage des étrangers vers la Belgique !

On me dira : mais il ne faudrait plus voyager du tout ! Chaque voyage est susceptible d’apporter plus de virus chez nous.

Ceci ne serait admissible, encore une fois, que si TOUS les pays du monde, et particulièrement ceux qui nous entourent, pensaient comme nous. Mais à partir du moment où ils ouvrent leurs frontières, nous n’avons plus de raison valable de rester enfermés dans les nôtres.

Depuis le début de la pandémie, les choses ont évolué dans le bon sens : les tests se sont multipliés, partout. On fait subir un contrôle aux passagers des avions avant l’embarquement. Mais on ne fait pas les mêmes contrôles dans les trains internationaux, ni surtout auprès des dizaines de milliers de personnes voyageant dans leurs propres voitures. C’est donc encore une fois un non-sens.

Et pendant que nos voisins peuvent à nouveau accueillir les ressortissants de 15 pays supplémentaires dans le monde, la Belgique laisse crever son hôtellerie, et avec elle tout ce qui tourne autour : les transporteurs pour les clients (taxis et cars), les repas en hôtel et aux restaurants, les sociétés d’entretien et de nettoyage, et évidemment les premières victimes impactées : tout le personnel de ces hôtels.

Le dilemme n’est pas simple : soit on donne raison aux partisans du « tout fermé » et on fait mourir notre économie, soit on donne raison au « secteur marchand », on sauve partiellement ce qui reste de notre économie, mais on prend un risque avec la santé.

Il faut trouver le juste équilibre, et ça, c’est vraiment très compliqué. Surtout, il faut le trouver en concertation au moins avec nos voisins, et ne pas croire que nous sommes seuls au monde à décider.

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Commentaires

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1 COMMENT

  1. Entièrement d’accord. Ce mode de calcul « extrêmement large » est ridicule vu que nous sommes LES SEULS à compter aussi large…
    Car à l’étranger, je viens de le constater moi-même, peu de monde est conscient de cette différente manière de compter.
    Pas plus tard que hier à Toulouse, j’ai du expliquer que si la Belgique détient ce triste record, c’est uniquement dû à la façon de compter unique au monde…

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