Un été sous mauvaises influences

Huit mois après les attaques terroristes de Paris, l’attentat du 14 juillet à Nice sur la Promenade des Anglais pourrait bien être celui de trop pour le tourisme  français. Et pourtant, l’Euro avait redonné des couleurs et (presque) le sourire aux professionnels de province, il y avait des raisons d’espérer… Une hirondelle, même en ballon de foot, ne fait pas le printemps… et encore moins l’été… Alors, le reste de la saison !

La veille de cette tuerie, Jean-Marc Ayraut avait réuni pour la première fois le Comité d’Urgence Economique. A cette occasion, il avait dressé le bilan de l’activité touristique depuis le début de l’année… Et ce n’est pas brillant, surtout pour la capitale française… baisse de 11 % des arrivées de touristes en vols réguliers à Paris, petite hausse de 1 % en province. Résultat, une fréquentation touristique française en baisse de 5,8 %.

Si l’Euro de foot a apporté un véritable ballon d’oxygène en ramenant la baisse à – 5 % entre le 1er et le 10 juillet, c’est plus la province que Paris qui en a bénéficié, inversant même la tendance avec un retour dans le vert : +11 % d’arrivées aériennes sur les 10 premiers jours de juillet.  Des arrivées qui ont eu des effets sur les nuitées enregistrées, même si le bilan est là encore négatif :- 3,4 % depuis janvier, dont -14,9 % sur Paris et +6,3 % sur la province selon les chiffres de MKG. (Voir  CP)

Et maintenant ?

Depuis cette sinistre nuit du 14 juillet où la deuxième ville touristique française a été meurtrie, c’est l’inquiétude pour les professionnels… Si les motivations du tueur au camion ne semblent pas encore très claires, DAECH n’a pas manqué de le revendiquer. Et pour cause, le tourisme est dans l’ADN de la ville depuis la moitié du XIXe siècle…

Deuxième aéroport après Paris avec environ 12 millions de passagers (dont 50 % d’étrangers), c’est aussi la deuxième destination touristique française avec 5 millions de visiteurs annuels. Si le mode opératoire a changé, l’objectif reste le même que celui appliqué à la Tunisie, l’Égypte et la Turquie… Pour la Tunisie, deux attentats avaient suffi à fermer le robinet des arrivées touristiques qui commençait à couler de nouveau…

Comme notre confrère Serge Fabre (à Singapour) vous l’a raconté dans un précédent article, l’attentat de Nice a été relayé par les médias du monde entier, et notamment en Asie où la Côte d’Azur est très prisée… Dommage pour le Comité d’Urgence Économique qui avait fait du retour des clientèles lointaines à « haute contribution » sa priorité… Selon l’enquête hôtelière de l’INSEE, les nuitées des touristes japonais sont en recul de plus de 22 %.

Alors oui, il y a des raisons d’être inquiet… Déjà par l’attitude déplorable pour ne pas dire pitoyable des hommes politiques français déjà en campagne présidentielle qui hurlent avec les loups depuis ce sinistre 14 juillet 2016. Et dans ce scénario prévisionnel déjà sombre, la mauvaise « blague » anglaise, deuxième clientèle étrangère de l’hexagone (12 millions de touristes), vient encore noircir un peu plus un tableau déjà chargé. Il ne manquerait plus qu’une blague belge pour qu’il soit complet : que le Royaume déconseille la France « sauf raison impérative »… Comme pour la Tunisie… Mais pas la Turquie.

 

 

 

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