Turquie : « Viens avec ton voisin »

Le président turc Erdogan lance la campagne « Viens avec ton voisin » pour les Turcs vivant à l’étranger. Insistant sur l’importance du secteur du tourisme pour la Turquie, le président s’est déclaré optimiste pour son développement.

Les ressortissants turcs comme « ambassadeurs »

Ajoutant que le gouvernement est « déterminé à faire augmenter le nombre de touristes de huit millions, dans un premier temps », Erdogan considère les ressortissants turcs vivant à l’étranger comme des « ambassadeurs du tourisme », les invitant à « passer leurs vacances touristiques en Turquie avec leur entourage ». Une approche qui se comprend, lorsqu’on sait que 20% des visiteurs en Turquie sont des Turcs installés à l’étranger.

Le chef de l’État a accueilli les représentants du secteur du tourisme au palais présidentiel, jeudi à Ankara. Il a commenté la situation du tourisme en Turquie, se déclarant insistant sur « la mise en place de nouvelles stratégies et l’adoption de nouveaux outils pour mieux saisir cette conjoncture favorable », sans d’autre précision.

Par « conjoncture favorable », on suppose que le président turc fait allusion au taux de change : alors qu’un euro s’échangeait contre 3 livres turques il y a encore quelques mois, c’est maintenant contre 4 livres qu’il s’échange, alors que les prix n’ont – pas encore – augmenté.

Promouvoir différemment ?

Déplorant qu’en 2002, le tourisme était limité aux stations balnéaires, le président Erdogan a déclaré que « la Turquie dispose de beaux paysages qui permettent à nos ressortissants d’en parler à leur entourage, à les appeler à y passer leurs vacances », notant que cette campagne doit être répandue par les représentants du tourisme, les médias et les citoyens.

Souffrant de son image suite aux attentats successifs, le tourisme turc est en forte chute. Il est vrai que le pays pourrait davantage mettre en valeur les zones qui n’ont pas été affectées par des problèmes de sécurité. Il y a les stations balnéaires de Bodrum et Izmir, ou encore Antalya, très prisée par les touristes russes. Mais il y a aussi la Cappadoce qui n’est pas assez mise en valeur et constitue pourtant un havre de paix et une grande attraction culturelle.

Forte chute de -30% en 2016

Avec 25,352 millions de visiteurs étrangers en 2016, on constate un déclin de 30% par rapport aux 31 millions l’année précédente, selon les données du ministère du tourisme. Une diminution qui s’explique en partie par le gel des relations entre la Turquie et la Russie, cette dernière étant un pays émetteur important.

En dépit du recul d’environ 35% du nombre d’arrivées en provenance d’Europe, l’Allemagne est devenue le principal émetteur touristique à destination de la Turquie avec 3,890 millions de visiteurs.

Plus surprenant encore étant donné les tragiques événements qui l’ont touché, la mégalopole d’Istanbul s’est bien maintenue avec 9,217 millions de visiteurs, même si on est bien entendu en dessous du record de 2015 qui avait enregistré l’arrivée de 11,842 millions de touristes. Istanbul, l’une des destinations les plus prisées de l’offre culturelle turque, s’est ainsi maintenue comme plaque tournante du secteur.

Mais les recettes du secteur ont décliné à 22,017 milliards de dollars en 2016, contre 31,464 milliards l’année auparavant. Le secrétaire général de l’organisation mondiale du tourisme (OMT), Taleb Rifai, a de son côté déclaré que la meilleure réponse qui puisse être donnée à la menace terroriste est de voyager en Turquie.

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