Tunisie : une offre différente a comblé le départ des grands TO (2ème partie)

La Badira

Mehdi Allani et Mouna Ben Halima sont frère et sœur. Suite au décès de leur papa, ils héritent d’un patrimoine hôtelier en Tunisie. Ils sont à la tête de deux structures complémentaires situées côte à côte à Hammamet : le Sultan et la Badira. Analyse de l’évolution du marché tunisien via deux structures intéressantes.

Badira avec un B comme Bentley

Dès la porte d’entrée de la Badira, l’ambiance exclusive du lieu se fait ressentir. Deux points d’eau entourent une passerelle. Elle mène à un accès digne des mille et une nuits. A l’accueil, un garçon nous présente un plateau en argent sur lequel reposent des serviettes humides et parfumées.

Cet ancien hôtel club, vendu précédemment par Jet tours a été complètement repensé. Des travaux très importants, estimés à plus de 16 millions d’euros, ont redessiné le lieu et la philosophie de l’offre hôtelière. L’attention des bagagistes est digne d’un hôtel monégasque.

Une femme blessée dans son orgueil

Farouchement opposée aux All In et à la mentalité avilissante des grands TO, Mouna Ben Halima est une femme de caractère. En préliminaire des travaux, elle fait réaliser une étude de marché en France afin de sonder l’attente européenne.

Son hypothèse première étant que le cas français pourrait être généralisé. L’étude a visé une clientèle potentielle dont les revenus tournaient autour des 250.000 euros. « Des personnes stressées et en recherche d’un court séjour qualitatif » nous fait-elle savoir.

Suite à l’étude, il est apparu très vite que pour les chefs d’entreprise interrogés, cette offre était introuvable en Tunisie. Une étude où ces derniers ont pu imaginer la chambre de leurs rêves.

« Nous avons été confrontés à des choses blessantes. Les gens pensaient qu’il n’y avait rien à voir dans mon pays » renchérit la C.E.O. de la Badira. Un constat erroné qui, pour de nombreux professionnels interrogés, trouverait son origine dans l’image que la Tunisie a donnée elle-même de son tourisme.

Proposé dès l’âge de 16 ans, cet hôtel a ouvert ses portes 3 mois avant l’attentat du Bardot et 6 mois avant celui de Sousse. Ici aussi, c’est le tourisme domestique qui permit de passer le cap. En 2017, 65 % de la clientèle serait tunisienne et 20 % proviendrait de France.

Un héritage du passé

« Hammamet, ce n’est pas Sidi Bou Saïd ou Carthage » nous avoue Mouna Ben Halima. La ville n’a en effet pas la même aura que les cités royales. Ici, c’est un aristocrate roumain, George Sebastian qui donna dans les années 30 ses premières lettres de noblesse à la ville balnéaire. Ce mondain imposa son amour du « blanc » à Hammamet. A l’instar du « bleu » dont Majorelle peindra Marrakech.

Ce fait d’histoire a inspiré la Badira. Un camaïeu de blanc signe le bâtiment. Cà et là, des touches marquent néanmoins la « tunisianité » du lieu. Badira pourrait se traduire par : « aussi lumineux que la pleine lune ».

Des chambres et 10 grandes suites

Riche de 120 chambres, de 4 suites moyennes et de 6 suites avec piscines, ce lieu est à même de concurrencer la Cigale à Tabarka. Les chambres sont impeccables et spacieuses.

La finition est luxueuse. L’isolation phonique du bâtiment a été pensée pour le confort absolu des invités. La qualité du service est reconnue par « Leading » depuis 3 ans.

Un personnel formé en interne

Face à la piètre qualité de la formation au sein des écoles hôtelières tunisiennes, la Badira a souhaité former son personnel. Des collaborateurs qui seraient mieux payés et intéressés au résultat. Un chef renommé a été consulté pour la formation des chefs maison.

Des WE thématiques

Riche d’un spa franchisé Clarins, la Badira propose des WE à thèmes. Gastronomie, Yoga et Vins… combleront les plus difficiles. Une offre à la carte pour clients exigeants et fortunés. Une oasis dans l’univers peu original de l’offre hôtelière tunisienne en bords de mer.

Notre dernier article sur la Tunisie sera consacré aux nouveaux hôtels d’Hammamet, de Sousse et de Tunnis.

Infos et réservations : https://www.labadira.com

 

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