Mehdi Allani et Mouna Ben Halima sont frère et sœur. Suite au décès de leur papa, ils héritent d’un patrimoine hôtelier en Tunisie. Ils sont à la tête de deux structures complémentaires situées côte à côte à Hammamet : le Sultan et la Badira. Analyse de l’évolution du marché tunisien via deux structures intéressantes. 

Des touristes d’un genre nouveau

Construit en 1982, refait il y a 12 ans et rafraîchi il y a peu, le Sultan à Hammamet est un excellent 4 étoiles, certifié Sentido mais qui ne souhaite pas progresser vers l’étoile de trop. Un choix qui l’enfermerait dans la masse incohérente des 5 étoiles tunisiens. 

Avec ses 271 chambres, l’hôtel bénéficie d’une double page dans le catalogue Thomas Cook. Les commentaires sur les différentes plateformes d’avis sont positifs.

« En 2014, nous avons connu une année pleine avec 75 % de clients Thomas Cook. Un climat exceptionnel jusqu’à la date fatidique du 26 juin 2015 » nous fait savoir le jeune C.E.O. du Sultan. Face à une situation catastrophe où tous les TO rapatriaient leurs clients, l’hôtel a dû combler le manque avec le marché domestique.

« L’hôtel était dès lors occupé par une clientèle trop homogène. Nous n’avions plus la diversité d’avant. Nous étions confrontés aux mêmes attentes, aux mêmes moments » nous fait remarquer Mehdi Allani. 

Le personnel était suffisant pour un public hétéroclite mais insuffisant face à un public avec des attentes hôtelières « bloc ». Et le C.E.O de mettre en avant les particularités liées aux repas.

Un rapport de force s’est installé entre les TO et les hôteliers 

A partir de 2016, le Sultan s’est adapté : « Nous sommes passé d’un produit All In vers une offre en demi-pension. Se passer des intermédiaires nous a permis d’utiliser la marge de 20 pct qui leur était versée auparavant. Nous avons en outre amélioré la qualité de nos produits vu le choix de la demi-pension. Et ce paris fut gagnant : ce 15 avril, tout était plein». 

En 2017 et malgré la récente désaffection des grands TO sur la destination, le Sultan connaîtrait un parfait équilibre. 

Peu d’hôtels seraient cependant capables de s’adapter à l’évolution du marché. Aujourd’hui, il n’y aurait en effet qu’une centaine d’hôtels bénéficiaires en Tunisie. « Un véritable enseignement qui a permis d’évaluer les coûts réels de l’hôtellerie : 29,61 euros par client et par jour pour cette structure. Depuis, un véritable rapport de forces s’est installé entre les TO et certains hôteliers ».

Augmentation des réservations en ligne

Alors que 10 % des réservations avaient lieu via internet il y a 3 ans, ce chiffre aurait plus que doublé en 2017. De nombreuses arrivées individuelles qui sont, en outre, plus faciles à gérer que l’arrivé simultanée de trois cars.

Mehdi Allani, qui est également président de la fédération des hôteliers du Cap Bon a, suite à la crise, mis en place un management par objectifs : « il faut vendre plus tout en augmentant la satisfaction des clients ». Des balades en shetlands sont proposées, tout comme des séances d’astronomie avec télescopes. Des produits hypoallergéniques sont à disposition dans les chambres. Le spa et la piscine sont traités à l’ozone.

La qualité des prestations est en effet irréprochable. La piscine sera refaite prochainement suite à quelques défauts techniques. 

Mosquée à Djerba ©Hervé Ducruet

Un marché qui reste fragile mais des nouvelles rassurantes

Au niveau national, le taux de retour n’est que de 11 % en Tunisie alors qu’il est de 47 % au Maroc. Une stratégie touristique « à la petite semaine » qui est décriée par de nombreux professionnels du secteur en serait la cause. Le tourisme représente 7 % du PIB direct. Les retombées indirectes avoisineraient les 15 %.

Pour la seconde décade d’octobre, les chiffres nationaux attestent de 5.741.435 entrées, soit 23,7% de plus que l’année passée, mais 7,1 % de moins que 2014. L’écart s’amenuise donc de mois en mois.

Ce dimanche, nous apprenons qu’un un vol SN quittait Bruxelles pour Djerba en collaboration avec Thomas Cook. Un signal positif bien que léger.

Le second article traitera de l’autre hôtel familial : la Badira. Un lieu très qualitatif qui pourrait en bien des points être comparé à la Cigale à Tabarka. La Cigale est, pour d’aucuns, LA référence indiscutable du tourisme de luxe en Tunisie.

Infos et réservations : www.lesultan.com

 

 

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