TUI se pose des questions sur la France

Rien n’est simple en ce moment pour le premier voyagiste mondial. Même si l’entreprise de tourisme et de voyages est sauvée (l’Allemagne a approuvé un renflouement de 1,8 milliard de dollars), le groupe TUI doit désormais adapter toutes ses activités à la nouvelle et douloureuse réalité de la crise du Covid-19.

Des chiffres vertigineux

Après avoir démarré son exercice fiscal en force (1er octobre 2019), avec une augmentation de 6 % des recettes et une amélioration de 21 % de l’EBIT sous-jacent au cours des cinq premiers mois, le coronavirus est venu bouleverser toutes ses prévisions.

Au cours du premier semestre (d’octobre à mars), ses revenus ont ainsi diminué de 0,6 % pour atteindre 6 638,7 millions, tandis qu’au deuxième trimestre, la baisse a été de 10,1 % pour atteindre 2 787,9 millions. Au total, le groupe a perdu 845,8 millions d’euros au cours du premier semestre de l’année.

On garde le moral

Malgré les perspectives incertaines de l’industrie du tourisme, le PDG de TUI, Fritz Joussen, est convaincu de la résilience de son entreprise. « Nous étions très performants sur le plan économique avant la crise et nous le serons encore après », dit-il.

Il affirme que « nous avons un modèle commercial fonctionnel et performant et plus de 21 millions de clients fidèles qui font confiance à notre marque ».

Toutefois, il reconnaît que « la TUI sera différente et sera confrontée à un environnement différent de celui d’avant la pandémie« , ce qui « nécessitera des réductions d’investissement, de coûts, de taille et de notre présence dans le monde« .

Fritz Joussen reconnait que son « objectif est de réduire notre base de coûts de 30 % », ce qui nécessitera la suppression d’environ 8 000 emplois. « Nous devons être plus légers qu’auparavant, plus efficaces, plus rapides et plus numériques« , conclut-il.

Une reprise dès cet été ?

« Les vacances d’été en Europe peuvent être rendues possibles progressivement, de manière responsable et avec des règles claires » affirme Fritz Joussen, qui révèle que « la demande reste très élevée« , ce qui montre bien que « les gens veulent voyager« . Et pour que la relance du tourisme devienne une réalité, « l’Europe doit s’ouvrir progressivement maintenant« , souligne-t-il.

Le groupe se dit prêt pour une « reprise rapide de l’activité » en Allemagne et dans le reste de l’Europe. Par exemple, dans les prochains jours, il ouvrira sur l’île de Sylt et dans le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, qui pourraient être suivis en peu de temps par d’autres établissements en Europe.

Quelques soucis avec l’APST en France ?

Il semble, selon nos informations, que le Groupe TUI a refusé la garantie de 40 M€ demandée par l’ APST (Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme) pour la France.

Si l’APST radiait TUI France, elle pourrait être immédiatement confrontée à un engagement de 82 M€ à rembourser au cas où TUI déciderait de déposer le bilan au motif que l’entreprise ne trouverait pas de nouveau garant.

Le groupe TUI pourrait ainsi profiter de cette radiation de l’ APST pour se débarrasser de TUI France, sa seule filiale européenne non rentable, en rejetant la faute sur le fonds de garantie et/ou les pouvoirs publics Français. Un scénario-catastrophe malheureusement à envisager.

La maison-mère peut encore voir venir

Le géant du tourisme dispose d’un cash-flow de 2,1 milliards d’euros, et s’appuie sur les prévisions des analystes qui voient une forte demande de voyages d’ici 2021.
Fritz Jouessen révèle par exemple que les réservations pour la saison d’été 2021 ont augmenté de 114 % par rapport aux mêmes dates l’année dernière.

En outre, le taux de réservation enregistré par TUI Cruises reste à des niveaux similaires à ceux de la saison dernière.

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