TUI: entrée de l’état allemand au capital, ça change quoi ?

On ne pouvait pas croire à l’effondrement de Thomas Cook quelques semaines avant sa faillite. Le sort de TUI est différent grâce au secours de l’état. Il faut reconnaître que la crise du Covid aura fait de gros dégâts dans le secteur du tourisme… et ce n’est pas terminé !

TUI va devoir réduire fortement la taille de sa compagnie aérienne et tenter de vendre son hôtellerie. La crise met à mal les fortes ambitions du groupe allemand.

La valeur des actions est réduite de plus de 60%

Les actionnaires de TUI ont approuvé mardi un plan d’aide et de recapitalisation (1,25 milliards d’euros). Ils réduisent ainsi des trois quarts la valeur de leurs actions et avalisent l’entrée de l’État dans le capital.

L’État allemand et le milliardaire russe Alexei Mordashov montent au passage dans le capital. Voir notre article : https://mistertravel.news/2020/12/17/le-groupe-tui-peut-dire-spassiba/

Des conditions de gouvernance drastiques :

1- Jusqu’à la sortie totale de l’État, TUI et ses filiales sont soumises à des interdictions de dividendes et de rachat d’actions, autrement que par rapport à l’État. En outre, jusqu’à ce qu’au moins 75% de la recapitalisation soit remboursé, une limitation stricte de la rémunération de la direction de TUI, y compris une interdiction de verser des primes, est appliquée. Ces conditions visent à inciter à une sortie de l’Etat dès que la situation économique le permet.

2 – Interdiction des subventions croisées et interdiction des acquisitions : afin de garantir que TUI ne bénéficie pas indûment de l’aide à la recapitalisation de l’État au détriment d’une concurrence loyale dans le marché unique, elle ne peut pas utiliser l’aide pour soutenir les activités économiques d’entreprises intégrées qui difficultés économiques déjà au 31 décembre 2019. De plus, jusqu’à ce qu’au moins 75% de la recapitalisation soient remboursés, TUI est en principe empêchée d’acquérir une participation de plus de 10% dans des concurrents ou d’autres opérateurs du même secteur d’activité.

3 – Transparence publique et rapports : TUI devra publier des informations sur l’utilisation de l’aide reçue, y compris sur la manière dont l’utilisation de l’aide reçue soutient les activités de l’entreprise conformément aux obligations européennes et nationales liées aux transformations vertes et numériques.

La compagnie aérienne réduite de moitié

Le groupe TUI a annoncé aux syndicats son intention de réduire de moitié la flotte d’avions et d’éliminer un total de 8 000 emplois afin de tenter de surmonter les graves problèmes que l’entreprise a subis depuis que la crise sanitaire a éclaté en mars de l’année dernière. tel que rapporté par FVW.

Concrètement, la société de tourisme attend de sa compagnie aérienne TUI Fly qu’elle passe de 35 à 17 avions, une mesure qui a été très critiquée par le syndicat allemand des pilotes, qui rappelle que le groupe touristique a justement reçu une aide millionnaire du gouvernement pour éviter la destruction d’emplois.

Le groupe devait posséder une grande chaîne d’hôtels

TUI a indiqué : « nous n’avons pas besoin de la propriété d’un navire pour exploiter une compagnie maritime, ni d’un patrimoine immobilier pour exploiter un hôtel. Par conséquent, nous pouvons vendre une partie de la propriété de ces hôtels à des fonds immobiliers. Nous bénéficierons de réserves financières supplémentaires, tout en conservant le contrôle du produit, de la marque et de la distribution. »

TUI souhaitait posséder davantage d’hôtels

TUI affirme avoir plus de 400 hôtels opérant sous l’une de ses propres marques hôtelières. Depuis des années sa stratégie est d’avoir une part hôtelière plus importante dans son activité par rapport aux voyagistes, compte tenu de la différence de rentabilité entre les deux. D’autres groupes possèdent également leurs propres hôtels comme Alltours, Der Touristik ou FTI.

L’année 2021 sera une année à risques …

Il ne faut pas se réjouir de la situation du groupe TUI. Cette année sera un moment de vérité pour nombre d’entreprises du secteur en France. Le gouvernement a pris de bonnes décisions pour soutenir l’économie et l’emploi.

Le ministre du tourisme, avec la participation continue des responsable d’Entreprises du Voyages (EDV) ont permis de passer 2020 sans trop d’encombres.

En 2021, certains prêts devront être remboursés. Il est évident que nombre d’agences de voyages ont pu garder un peu de trésorerie grâce aux bons à valoir. Mais les clients vont vouloir les réactiver. Bref cette année sera décisive pour les agences et les voyagistes.

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