Trump sème la pagaille à Bruxelles

L’arrivée, mercredi, de Donald Trump dans la capitale de l’Europe… et de l’OTAN ne sera pas passée inaperçue. Il semble même que jamais la venue d’un chef d’État n’avait mobilisé autant de forces de police et de sécurité à Bruxelles.

Venant de Rome, où le 45ème président des Etats-Unis avait été reçu par le Pape François le matin même, l’avion présidentiel a d’abord verrouillé l’espace aérien au-dessus de Bruxelles. Mais ce n’était qu’un début…

Les formalités expédiées — hymne américain à sa descente d’Air Force One, accueil par le Premier ministre belge, Charles Michel, et passage en revue express du peloton de service — Donald Trump s’est engouffré dans une énorme voiture blindée, surnommée The Beast, arrivée l’avant-veille. Direction : le Palais Royal, où M. et Mme Trump devaient être reçus par le Roi et la Reine.

Circulation, stationnement et rassemblements interdits

Si la circulation et le stationnement de tout véhicule était totalement interdits sur l’itinéraire présidentiel, sur lequel se trouve aussi le nouveau siège de l’OTAN qui devait être inauguré le lendemain, c’était également le cas dans le quartier européen ainsi qu’aux alentours du Palais Royal, où se trouve l’hôtel où devait descendre la First Lady et l’ambassade américaine. Tout rassemblement y était de plus interdit, comme devant l’hôtel du président turc, Recep Erdogan, qui participe également au sommet de l’OTAN.

Un impressionnant service d’ordre s’est mis en place mercredi dès le début d’après-midi avec autopompes et blindés de la police fédérale, hélicoptère en stationnaire et camions militaires prêts à bloquer le trafic, au prix d’un chahut épouvantable, le bruit des hélicos se mêlant aux sirènes des véhicules de sécurité. Et le soir même, quelques milliers de manifestants s’élançaient dans les rue de Bruxelles pour une « marche anti-Trump ».

Melania_Trump_Official_Portrait_cropDeux Donald pour le prix d’un seul

Seule la nuit allait voir revenir un semblant de calme à Bruxelles car le nouveau locataire de la Maison Blanche devait se rendre le lendemain jeudi au Conseil Européen pour y rencontrer un autre Donald, Tusk, son président (polonais), ainsi que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avant d’enchaîner avec un « long » déjeuner, prédisait-on, avec le nouveau président français, Emmanuel Macron.

Puis de se rendre au nouveau siège de l’OTAN pour l’inaugurer officiellement et participer (tout de même) à un mini-sommet avec les principaux chefs d’Etat.

Shopping

Pendant ce temps, Melania Trump devait visiter le Musée Magritte avant de faire un peu de shopping puis de rejoindre son président de mari dans les serres du Château de Laeken avant le dîner.

Ce n’est qu’en fin de journée que le couple présidentiel américain devait quitter la Belgique pour se rendre en Sicile au sommet du G7, au grand soulagement des Bruxellois…

Le tourisme, une victime

Durant ces deux jours infernaux, les réseaux sociaux n’ont pas cessé de vibrer de leurs doléances, exaspérés qu’ils étaient par un déploiement de forces tel qu’on semble n’en avoir encore jamais vu.

Dégâts collatéraux pour l’industrie du tourisme : la venue de Donald Trump en ce long week-end de l’Ascension a vidé la capitale belge de ses fonctionnaires européens, voire de ses autres habitants, et dissuadé les touristes d’y venir : les hôteliers se plaignaient d’un taux d’occupation ridicule.

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Commentaires

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1 COMMENT

  1. Cessons de nous plaindre. Quel autre Premier Ministre d’un reste de pays comme la Belgique aurait-il eu la chance d’accueillir le Président de la première puissance mondiale aux yeux de la terre entière ? De s’entretenir une heure avec lui pour, nous l’espérons, lui vanter les mérites de Bruxelles et de la Belgique. Le monde entier a parlé de cette visite durant deux jours. C’est une chance incommensurable pour Bruxelles et la Belgique et cela vaut bien quelques tracas connexes. Et tout cela grâce à qui ? A de grands hommes d’état belges (où sont-ils aujourd’hui ?) qui ont réussi à implanter l’OTAN et l’Europe à Bruxelles.
    Et maintenant nous pouvons clairement dire : « Un trou à rats avec Trump, n’est plus un trou à rats ».

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