Tournai, belle inconnue

La ville la plus ancienne de Belgique est aussi la moins connue de nos cités. Ses aménagements urbains sont très agréables et son histoire est intimement liée à la pierre, au lin et à sa Cathédrale. La seule ville belge a avoir été anglaise est mise en avant par un office du tourisme installé dans des locaux quasi neufs. Rencontre avec les deux chefs d’orchestre d’une ville très peu desservie en hébergement hôtelier. Une destination famille et autocariste.

De belles idées à l’office du tourisme!

Situé au numéro 1 de la Place Paul-Emile Janson, l’OT est installé dans une maison de caractère à l’ombre des imposantes tours romanes de la cathédrale Notre-Dame. Inaugurée en 2013, l’adresse emploie 13 personnes en charge de l’accueil. Quelques 30.000 visiteurs s’adressent à son office chaque année. En partenariat, une ASBL propose le soutien de 40 guides qui accompagnent les groupes dans six langues.

IMG_3139Dans l’espace moderne qui est dévolu aux touristes, quelques prospectus bien pensés sont proposés aux visiteurs. Une longue vitrine expose des spécialités locales.

Parmi les folders, l’équipe en place a eu la bonne idée de réfléchir à des formules pour des groupes de minimum 10 personnes: des circuits permettant de découvrir la ville et sa gastronomie. Une idée proactive qui susciterait beaucoup d’intérêt auprès des autocaristes.

Une salle de 70 places permet de visionner deux films retraçant l’histoire de la ville et de sa cathédrale. Lors des travaux d’aménagement de cet espace, une crypte gothique a été mise à jour. Elle permet un circuit au sein même de l’OT!

Le lieu est par contre mal indiqué et pourrait passer inaperçu. Un problème d’affichage qui est étonnant, tant la réfection de l’ancien hôtel Dexia fut onéreuse (Quatre millions d’euros). La page internet n’est pas surprenante mais professionnelle. La page FB manque par contre cruellement d’animation et, la chose est pire, propose des “actualités” qui n’ont rien à voir avec le tourisme.

IMG_3142A sa décharge, l’OT fonctionne avec un maigre budget annuel de 100.000 €, ce qui handicape fortement la promotion de la cité épiscopale.

Cette somme malingre contraste avec les deux géants de la ville qui décorent joliment l’endroit. Au comptoir, le personnel est chaleureux et convivial. L’accueil du nord n’est pas une légende.

Plus d’informations via le site ofciel de l’OT: http://www.visittournai.be/pratique/office-du-tourisme/article/office-du-tourisme

Une ville deux fois millénaire

Idéalement située aux confins de l’Empire romain, ce sont les descendants directs de Jules César qui permirent à Tournai de s’inscrire dans l’histoire. A la chute de la civilisation romaine, la ville devint la capitale des Francs. Clovis y vit le jour avant de déplacer son centre névralgique à Soissons, puis à Paris.

IMG_3143C’est Saint Eleuthère qui construisit la première cathédrale au 5ième siècle. Pour rappel, la cathédrale est ce lieu qui protège la cathèdre: ce siège dévolu à l’Evêque.

Des reconstructions successives ont permis de donner à l’édifice religieux l’aspect qu’on lui connaît désormais. Au 12ème, le bâtiment est même la plus haute construction de son époque! Un siècle plus tard, des aménagements gothiques interviennent. Tournai est alors au sommet de sa gloire.

Ni les guerres et leurs bombardements, ni la tempête de 1999 n’eurent raison de ses murs. Notre-Dame est à présent enlacée d’une structure métallique indiquant sa réfection. Ces travaux semblent éternels pour de nombreux Tournaisiens alors que les derniers échaffaudages datent de plus d’un siècle. Seule la partie romane se visite actuellement. Le superbe beffroi regarde effrontément la maison du seigneur. On sent que les bourgeois et le clergé se sont observés longtemps en clans rivaux. Les deux édifices architecturaux sont désormais protégés par l’Unesco.

IMG_3144Le film qui retrace l’histoire de l’édifice est très didactique. Il se visionne gratuitement au sein de l’Office du Tourisme. Il serait dommage de passer au delà de ce cours d’histoire d’une durée de 10 minutes.

De nombreuses petites places proprettes et bourgeoises donnent ce caractère si flamand à la cité (la ville est par contre profondément romane). A l’instar de Rome ou de Jérusalem, on y sent la présence du divin et de grands secrets sont dissimulés derrière les lourdes portes de l’Évêque.

Le clergé semble avoir déserté les ruelles populaires de la ville, se déplaçant de palais en églises par de larges couloirs discrets. L’imaginaire emporte rapidement nos esprits. De nombreux restaurants, des cafés et une myriade de petits espaces donnent, enfin, envie de s’y arrêter.

Dans notre prochain papier lié à la destination, nous reviendrons sur les musées de la ville. Consacrés dans un lieu, ils permettent d’inscrire la ville chez les croisiéristes par exemple. La distance de Zeebruges est en effet idéale mais les horaires d’ouverture semblent inappropriés.

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