Tonton Emilou en République Tchèque (3ème partie)

Photos et textes par Tonton Emilou

Pour cette chronique, je suis encore à Prague et j’essaie de vous raconter pourquoi elle a été appelée capitale magique de l’Europe, comment la ville évolue et ses aspects festifs et musicaux… Suivez le guide!

Prague fut en effet baptisée « capitale magique de l’Europe » par le pape du Surréalisme (littéraire) André Breton. Bien dit pour cette ville unique au monde. Les initiés comprennent vite pourquoi, à la parcourir le soir dans ses ruelles qui ont autant de « circonvolutions qu’un cerveau », où Goethe se réjouissait de voir la voie lactée en pleine rue tandis que des savants notaient patiemment la position des planètes, où Kafka écrivait ses sombres pensées et ses histoires philosophiques.

039003Où les lanternes magiques (Laterna magika) attiraient les foules tandis que les clochers, les ponts hérissés de croix et de stèles se reflétaient dans les eaux de la Moldau.

Où les alignements solaires et lunaires faisaient (et font) briller des monuments à des dates précises ; ou leurs ombres pivotent et indiquent des lieux avec une mécanique cosmique.

Où les sgraphites (fresques murales) intriguent encore avec d’étranges rébus d’alchimistes. Où plein de lieux ont des noms ésotériques en référence à cette discipline magique.

Arcimboldovertemnus jpegUn peu comme à… Bruxelles sur la Grand-Place, le saviez-vous ? Où le peintre extravagant Arcimboldo était accueilli par l’empereur Rodolphe II de Habsbourg et lui faisait le portrait… en fruits et légumes.

Fou d’hermétisme et de magie, ce dernier, empereur de son état (1576 à 1612) s’était surnommé « Hermès Trismégiste » (un nom qui se la pète, pas vrai ?

Et qui veut dire… (Eeeuh merci les encyclopédies en ligne) quelque chose comme maître de l’hermétisme sous trois formes ou personnalités. Un peu compliqué, ésotérique ou schizo on dirait).

Il avait invité à sa cour toutes les stars de l’occulte de l’époque. Illustres inconnus aujourd’hui mais grands connaisseurs en astrologie, mathématiques, astronomie, sciences diverses, médecine voire religions et bien entendu spécialistes ès arts divinatoires et occultisme en tout genre.

Citons John Dee, Michael Maier, Oswald Croll, Heinrich Khunrath, Giordano Bruno (Et050096Toufou, il était là ? Non. Et Zot éric, non plus ?). L’empereur avait également assemblé une collection d’objets bizarres dans ses cabinets de curiosités (automates, gravures, perspectives, peintures, horloges, clepsydres, tarots, etc.).

N’oublions pas la rue des alchimistes au pied du château, qui a abrités ces derniers au cœur de maisons de poupées colorées. Et les légendes juives du Golem avec leur chapelet d’histoires étranges qui évoquent très bien cette communauté qui a commercé et embelli la ville en y construisant des synagogues avec… des horloges qui tournent à l’envers.

Et un cimetière incroyable aux stèles superposées. Voilà quelques indices qui nous aident à comprendre pourquoi Prague a gagné cette réputation de « capitale magique »… d’Europe et pourquoi pas du monde.

110Baignée de musiques

Ici et là, quelques lieux accueillent des musiciens hors-pair avec au programme : du jazz, de la musique tzigane, de l’opéra, du classique et des concerts baroques…

178C’est que la ville voue un culte sans pareil aux beaux-arts ainsi qu’à toutes les musiques en hommage aux nombreux compositeurs qui ont vécu ici.

Des endroits prestigieux comme les églises baroques, le Théâtre National, la maison Dvořák, le Rudolfinum, les palais Palffy ou Lobkowicz y invitent Mozart, Beethoven et Wagner.

Mais également des auteurs baroques ainsi que les compositeurs nationaux comme Dvořak (et sa symphonie du Nouveau Monde), Janacek, Martinu ou Smetana (et sa sublime Moldau) qui sont toujours vénérés, sans oublier Mozart qui a séjourné à Prague. Dans un autre style, dans un bar à jazz, j’ai rencontré des musiciens tchèques. Sur leur carte de visite, deux adresses indiquent les endroits où ils vivent : d’un côté Prague.

025De l’autre ? New Orleans ! « Co Čech, to muzikant » signifie d’ailleurs « Un Tchèque, un musicien »… Pour compléter le tout, il y a les spectacles étranges et dignes de cette ville énigmatique: pièces de Kafka, théâtre noir, lanterne magique et marionnettes (grande institution pragoise…).

Il y a aussi des croisières (Jazz) sur la Moldau et terminons par les nombreuses tavernes qui invitent à de délicieuses symphonies gourmandes sans oublier les nombreux restaurants (dont des étoilés au Michelin), les bars, les brasseries où la bière naît dans des grands chaudrons…

Et d’où le liquide d’or va bientôt émerger… liquide d’or ? Bon sang mais c’est bien sûr ! Ce doit être cela le secret des alchimistes !

Ici, je termine sur Prague mais je pourrais encore vous en parler…  Prochaine chronique : direction la Bohême et la Moravie…

 

Pour relire les précédents articles :

Tonton Emilou en République Tchèque (1ère partie)

Tonton Emilou en République tchèque (2e partie)

Infos

www.czechtourism.com

 

 

 

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