Alors que le trafic ne sera de retour à la normale que ce mardi à la gare Montparnasse, la ministre des transports, Élisabeth Borne, a convoqué le PDG de SNCF Réseau pour explication. Et si ce n’était que la conséquence d’un laisser-aller récurrent ?

Ce nouvel incident n’est pas sans rappeler la paralysie totale du trafic durant trois jours en août dernier. Et trop, c’est trop… A la suite de la nouvelle panne géante survenue dimanche en gare Montparnasse, la ministre des Transports Élisabeth Borne a demandé à SNCF Réseau de revoir son organisation et son management. Elle attend des propositions pour la fin de semaine… Des têtes vont tomber !

Mais selon deux spécialistes des réseaux ferroviaires, la panne de dimanche à Montparnasse n’est que la résultante d’un laisser-aller généralisé sur le réseau durant des décennies. Et contrairement à ses prédécesseurs, le gouvernement actuel vient de siffler la fin de la récréation… « Ce n’est pas la faute à pas de chance, mais à une politique longtemps orientée vers la construction des lignes à grande vitesse (LGV) au détriment des réseaux existants », indique-t-Marc Fressoz, journaliste spécialiste du réseau ferroviaire pour le site Contexte.com à la radio Europe 1.

« 24 % des voies considérées comme hors d’âge »

Conséquences, plus de budget pour entretenir les voies normales. Pour Christian Broucaret, porte-parole de la Fédération Nationale des Usagers des Transports (FNUT), d’autres incidents similaires ont affecté la gare Saint Lazare la semaine dernière mais aussi en province. « C’est significatif d’un état général du réseau », précise-t-il.

La nouvelle priorité du gouvernement sera désormais donnée aux trains du quotidien et plus aux nouvelles lignes à grande vitesse (LGV). Et il ne serait que temps. L’âge moyen du réseau est de 31 ans et « près de 24  % des voies sont considérées comme hors d’âge », selon l’Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires et Routières (ARAFER).

La modernisation des voies rafistolées de bric et de broc depuis (trop) longtemps nécessitera des investissements colossaux. Et ça ne se fera pas du jour au lendemain. Christian Broucaret estime qu’il y aura « 7 à 10 ans » encore difficiles. Et qui va payer ? La dette colossale de SNCF Réseau atteint déjà 44 Mds€. Laquelle atteindra 63 Mds € en 2026.

Les « usagés » de la SNCF n’ont pas fini de payer pour galérer…

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