Commandé en octobre dernier par le gouvernement français pour initier une grande réforme des transports, le rapport rédigé par l’ex-patron d’Air France Jean-Cyril Spinetta a été remis au 1er ministre ce jeudi. Parmi les 43 propositions, certaines vont faire du bruit, beaucoup de bruit…

Parmi celles-ci, la suppression du statut de cheminot. « Dans le cadre de la loi, il pourrait être mis un terme au recrutement au statut des nouveaux embauchés, en préservant strictement les droits individuels des personnels qui en bénéficiant. Les nouveaux recrutements devront s’opérer dans un cadre conventionnel à parachever », écrit Jean Cyril Spinetta… (photo ci-contre)

Il souhaite aussi des plans de départs volontaires pendant deux ans à des plans de départs volontaires. En 2014, l’entreprise ferroviaire avait déjà incité ses salariés les plus âgés à quitter l’entreprise plus tôt que prévu en leur versant une prime pouvant atteindre une année de salaire.

Pas de nouvelles lignes TGV

L’auteur propose également de « recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence », c’est-à-dire les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV entre les principales métropoles françaises. « Le réseau à grande vitesse peut être considéré comme abouti » et construire de nouvelles lignes « entraînerait le TGV au-delà de sa zone de pertinence économique, c’est-à-dire les dessertes de très grandes agglomérations avec des trajets durant jusqu’à trois heures », précise-t-il.

Les lignes les moins fréquentées – et donc les moins rentables – devraient faire l’objet d’un audit, recommande le rapport. Mais l’objectif est la fermeture de plusieurs d’entre elles, « qui mobilisent actuellement 16% des moyens consacrés au ferroviaire, voient passer moins de 10% des trains et transportent seulement 2% des voyageurs ». Selon l’ex PDG d’Air France, l’économie réalisée serait « a minima (de) 1,2 milliard d’euros annuels (500 millions d’euros sur l’infrastructure et 700 millions sur l’exploitation des trains) ».

Nouveau statut pour la SNCF

« Il faudra ensuite décider quelles lignes peuvent être maintenues et lesquelles peuvent être interrompues à la condition qu’une alternative réponde aux besoins des voyageurs », précise Jean-Cyril Spinetta au Monde.

Il plaide également pour un nouveau statut pour la SNCF. S’il ne parle pas d’une privatisation de la compagnie dans l’immédiat, il recommande de transformer les deux principales composantes, SNCF Mobilités et SNCF Réseau, en sociétés anonymes à capitaux publics.

Les 43 propositions du rapport de l’ancien PDG d’Air France « doivent désormais faire l’objet d’un examen approfondi par le gouvernement et d’un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés », a expliqué le chef du gouvernement, Édouard Philippe. Les rencontres commenceront dès la semaine prochaine… Le dialogue s’annonce déjà « difficile » car, côté cheminots, certains prédisent qu’il « va mettre le feu à la SNCF »…Et ce sera, comme toujours, les clients «usagés » qui trinqueront…

 

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