Si le PDG de Ford a perdu son job, c’est à cause du syndrome Tesla

Le patron de Ford a été remercié par ses actionnaires. Il est la victime du syndrome Tesla, une société qui fascine les actionnaires au point de virer les PDG des constructeurs automobiles qui ne s’en inspirent pas.

A l’âge de 56 ans et après 28 années passées au sein de l’entreprise Ford, Mark Fields, le patron de l’entreprise a été remercié par la famille Ford qui possède encore 40% des droits de vote. La famille et les actionnaires apprécient peu la dégringolade de l’action Ford. Depuis la nomination de Fields, le cours de l’action a chuté de 37%.

Alors c’est vrai, après 7 années de hausse, le marché américain de l’automobile n’est plus la vache à lait qu’il était et commence à patiner sérieusement. Pourquoi ce licenciement du patron de Ford ? Les investisseurs pensent que l’ancien PDG de Ford n’a pas pris le virage des voitures autonomes et des voitures électriques assez tôt. Bref, ils pensent que Ford s’est laissé distancer dans ce segment et a raté plusieurs virages stratégiques qui lui ont fait prendre du retard par rapport à ses concurrents.

Comme il savait qu’il était sur la sellette par ses actionnaires, le patron de Ford a essayé de leur donner des gages et a proposé de supprimer 10% des postes administratifs en Asie et en Amérique du Nord. Mais ces coupes sociales n’ont pas suffi à rassurer les actionnaires. Ils ont débarqué Mark Fields pour le remplacer par Jim Hackett, le patron de la division mobilité. Ce n’est pas un hasard.

En réalité, l’ancien patron de Ford a été viré à cause du succès de Tesla. Pendant que Ford perdait presque 40% de sa valeur en Bourse, Tesla qui pourtant vend 100 fois moins de voitures que Ford a vu son cours de Bourse grimper de 30%. Aujourd’hui Tesla pèse en Bourse 51 milliards de dollars contre 42 milliards seulement pour Ford.

Ce changement de rapport de force montre que les constructeurs automobiles américains traditionnels comme Ford ou General Motors semblent dépassés par les entreprises technologiques de la Silicon Valley qui préfèrent parler « de logiciels plutôt que de pistons » comme l’écrit joliment le journal Les Échos.

Ce sont ces mêmes entreprises de la Silicon Valley qui ont pour ambition de facturer la voiture autonome de demain en fonction de trajets à la minute ou au kilomètre pour gagner de plus grosses marges. Sans compter que Tesla n’hésite pas à court-circuiter les concessionnaires et vend ses véhicules directement, ce qu’aucun autre constructeur ne fait.

Les investisseurs sont fascinés par le modèle Tesla et ils le font payer aux autres constructeurs qui tardent à bouger face à cette révolution de l’automobile.

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