Se rendre au Royaume-Uni, est-ce bien le moment?

Brexit ou pas, rien n’a encore changé et rien ne changera jusqu’au 31 décembre pour les voyages entre l’UE et le Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord). Les documents nécessaires aux citoyens de l’UE pour se rendre au Royaume-Uni ne changeront pas avant l’année prochaine.

En attendant, les citoyens de l’UE peuvent donc toujours voyager avec une carte d’identité et se rendre dans le pays sans avoir besoin d’un visa. Les règles qui s’appliqueront après la période transitoire ne sont pas encore connues, car elles font encore l’objet de négociations. Mais est-ce bien le moment de se rendre au Royaume-Uni ?

Le pari très risqué de Londres

Car alors que tous les pays européens — et même bien au-delà, comme l’Ile Maurice, par exemple — ont fermé leurs frontières et pris des mesures drastiques de confinement, le Royaume-Uni continue, semble-t-il, de faire comme si le Covid-19 n’existait pas. A l’inverse de tous les gouvernements européens et même américains, celui de Londres se montre ultralibéral, y compris dans un domaine aussi sensible.

Ainsi, le but des autorités britanniques n’est donc pas d’«éliminer» le virus, mais de limiter sa propagation pour éviter un «second pic» épidémique à l’hiver prochain. Selon cette théorie, il faudrait qu’environ 60 % de la population britannique contracte le virus pour qu’elle développe cette immunité collective, permettant d’éviter de futures épidémies.

Sachant que le pays compte un peu plus de 66 millions d’habitants, 40 millions de Britanniques devraient ainsi être infectés par le virus. Certes, la plupart d’entre eux ne développeront qu’une forme bénigne de la maladie mais quelques millions risquent de tomber gravement malades et au moins 400 000 décès seraient à déplorer dans le pays, avec un taux de mortalité du Covid-19 estimé à 1 % en fourchette basse…

Autant dire que le National Health Service (NHS), le système de santé publique britannique, qui ne dispose que de 5 000 lits en réanimation, serait très rapidement débordé.

Le gouvernement joue à la roulette

«Le gouvernement joue à la roulette avec le public. Il commet une erreur majeure», estime Richard Horton, rédacteur en chef de la publication scientifique The Lancet, référence mondiale en matière de médecine. Downing Street faisait cependant fuiter à la chaine iTv qu’il était prêt à des mesures plus drastiques.

Notamment à «mettre à l’isolement tous les plus de 70 ans, chez eux, pour au moins quatre mois». Mais « les vieux » sont-ils vraiment la cible prioritaire du coronavirus ? En Belgique, ce sont les 45 à 49 ans qui seraient le plus touchés par l’épidémie…

Matt Hancock, le ministre de la santé, a déclaré dimanche matin sur le plateau de la BBC : «L’immunité collective n’est pas notre politique ni notre but, notre but est de protéger les vies», réclamant un «effort national» aux industriels, leur demandant de fabriquer le plus possible de… ventilateurs.

Pour William Hanage, épidémiologiste à l’université de Harvard, «la stratégie du gouvernement est irresponsable». Le chercheur a publié dimanche dans le Guardian, un appel aux Britanniques. «Ne paniquez pas, mais préparez-vous. Si votre gouvernement ne vous aide pas, agissez vous-même».

Samedi, les supermarchés londoniens ont été pris d’assaut, et les rayonnages de pâtes, savon et… de papier toilette, là aussi, ont été en grande partie dévalisés. 

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