Se dépayser en terre de Bresse

La brasserie du Théâtre jouxte celui-ci sur l’Esplanade de la Comédie et accueille les badauds.

Si le nom évoque la célèbre volaille savoureuse à souhait, son terroir est encore méconnu. Pourtant il a tout pour séduire les plus exigeants, entre patrimoine et paysage naturel, de quoi se ressourcer auprès de Bressans qui mettent la simplicité au cœur d’un authentique art de vivre.

Jadis le territoire de la Bresse était une vaste zone marécageuse peu profonde qui n’encourageait ni l’élevage si ce n’est la volaille devenue célèbre au fil du temps ni l’agriculture si ce n’est le chanvre et plus tard le maïs. C’est au 10ème siècle que naît Bourg-en-Bresse entre collines et gués au pied du Revermont, le contrefort sud du massif du Jura. Il faudra encore attendre 5 siècles avant que la région et même la ville se fassent connaître en dehors des fortifications qui cernent Bourg-en-Bresse.

Imposante fresque trompe-l’œil qui couvre un mur complet multipliant les scènes plus vraies que nature.

Bourg-en-Bresse, tout un patrimoine

Tout d’abord, la culture du maïs blanc fait son entrée dans le terroir et se révèle un aliment de prédilection pour compléter l’alimentation des poules de Bresse qui courent dans les champs. Au 18ème siècle Brillat-Savarin l’a qualifiée de « reine des volailles et volaille des rois ».

Ce n’est pas pour rien que depuis ce gallinacé au plumage blanc et aux pattes bleues est au menu des repas présidentiels. AOP (label européen) depuis 1996, elle est considérée comme la quatrième merveille gastronomique du monde après le foie gras, le homard et la truffe !

Le vieux centre piétonnier de Bourg-en-Bresse est dévolu au shopping entre artisans et boutiques à la mode.

Autre renommée déjà saluée par Alexandre Dumas et largement confirmée aujourd’hui, celle du monastère de Brou édifié aux portes de la ville par la seule volonté de Marguerite d’Autriche, régente des Pays-Bas, qui décide d’ériger en Savoie un monastère dont une vaste chapelle sert de nécropole pour son époux Philibert le Beau, duc de Savoie, décédé inopinément après trois ans de mariage heureux.

Elle-même y sera inhumée dans un tombeau encore plus somptueux. Le conservateur explique volontiers que ce monument est un bout de la Belgique en terre française.

C’est que si le matériau de base est la pierre du Revermont et la brique de la Dombe, l’ensemble surmonté d’une haute toiture de tuiles vernissées et colorées se singularise par un style gothique brabançon flamboyant.

La façade de l’église tout comme le chœur ne sont qu’une fine dentelle pétrifiée dans le calcaire du pays. Monument historique, le monastère est aujourd’hui un acteur dynamique de la vie culturelle locale.

La co-cathédrale Notre-Dame date du 17ème et abrite une étonnante Vierge Noire qui rappelle l’importance du culte marial.

Bourg-en-Bresse offre deux atouts

Son centre historique d’abord qui se révèle un livre d’histoire à ciel ouvert, entre des maisons médiévales à pans de bois, des hôtels particuliers et des édifices belle Epoque, toutes les venelles souvent piétonnes se refermant autour de la cathédrale Notre-Dame, point d’orgue du centre-ville qui abrite une petite statue de la Vierge Noire vénérée depuis des siècles.

Une promenade qui permet de remonter le temps mais qui séduira aussi les amateurs d’artisanat et de tradition.

Chez le bijoutier Jeanvoine ainsi, les émaux bressans, qui jadis ornaient les princesses et les aristocrates, proposent aujourd’hui de nouvelles formes plus modernes tout en respectant les lignes originelles caractérisées par une rosace centrale en or appliquée sur l’émail coloré et perlée de délicates gouttes d’émail entourées de paillons d’or.

Les saveurs sont aussi à l’honneur, comme la tarte bressane briochée à la crème et au sucre, ou encore les gaudes à base de farine de maïs sous forme de sablés salés ou sucrés, à découvrir dans les pâtisseries ou sur les étals du marché.

Ou encore la maison Giraudet qui distribue la quenelle moulée à la cuillère jusqu’à Paris, une tradition perpétuée depuis plus de 100 ans et qui se décline dans une vingtaine de recettes depuis l’incontournable quenelle de brochet à l’audacieuse quenelle à l’encre de seiche.

Villages du Revermont

Le village de Treffort se resserre autour de son église et des vestiges de remparts.

Proche de Genève et de Lyon, de Mâcon et de Beaune, Bourg-en-Bresse et sa région ont séduit de nombreux citadins qui ont choisi d’y vivre et c’est ainsi que notre itinérance sur les routes de campagne nous a menés d’un village à l’autre tous bien habités.

On est loin d’une campagne endormie ou abandonnée et chaque village de caractère s’enroule l’un autour d’un château, l’autre d’un lavoir sans oublier une église.

A Treffort certains chemins qui grimpent vers l’église sont même herbeux et invitent à une promenade bucolique.

Les venelles pavées sont fleuries et les maisons à pans de bois en encorbellement bien entretenues. Le village de Treffort accroché aux premiers contreforts du Revermont était jadis cerné de remparts qui dominaient des vignes disparues depuis le phylloxera mais chaque maison possède encore sa cave taillée dans la roche et accessible depuis la rue.

Le bourg de Meillonnas s’est construit autour de son château et de son église coiffée d’un clocher à bulbes qui abrite dans une chapelle des fresques remarquables du début du 15ème dont le style délicat évoque Giotto. Quant au château il a abrité le célèbre « Fabrique de Fayence » qui s’est éteinte en 1825 mais a laissé de jolis souvenirs dans les plaques des noms de rue, toutes en céramique décorée de motifs naïfs.

Petit clin s’œil sur un bistrot bressan de jadis dans l’écomusée de pays en Bresse.

Plusieurs fermes bressanes basses et allongées, aux murs en pisé ou à colombages comblés par du torchis et coiffées d’une toiture débordante sur les côtés se sont muées en écomusées avec des collections de mobilier et d’objets anciens qui racontent une vie rurale basée sur une économie agraire. De curieuses cheminées à mitres qui correspondent à un large foyer toujours placé au centre de la pièce coiffent ces fermes.

Elles portent le joli nom de sarrasines sans doute parce qu’elles étaient singulières, issues d’une autre civilisation. Elles n’apparaissent que dans la Bresse et sont un trésor de l’histoire du pays. Autant de lieux à visiter à la rencontre d’habitants du coin, accueillants et prolixes en anecdotes. De quoi se sentir dépaysés dans ce terroir riant proche de chez nous.

Texte : Christiane Goor Photos : Charles Mahaux


Infos www.monastere-de-brou.fr, www.bourgenbressetourisme.fr

Se loger La région ne manque pas de chambres d’hôtes. Essayez l’Annexe maison Bourgeoise à Malafretaz, une oasis de charme et une table d’hôtes goûteuse à prix doux. 33(0)675414327 ou jannelcatherine@gmail.com

Les fermes bressanes www.ecomuseebresse.fr, www.bresse-sougey.net, www.ain.fr/solutions/musee-de-bresse-domaine-planons

Le musée du Revermont à Cuisiat ou comment tout savoir sur le Revermont avec quelques belles reconstitutions de la vie d’autrefois. Dans le jardin un parcours botanique prolonge la visite dans un potager-conservatoire inattendu et inspirant www.ain.fr/solutions/musee-revermont/

Le terroir bressan fait la part belle à la nature, aux randonnées pédestres ou en vélo. La Plaine Tonique à Malafretaz et La Grange du Pin à Cuisiat sont reconnus Bases d’activité VTT et offrent en sus de beaux plans d’eau pour s’y plonger en été. L’un comme l’autre autorise le camping.

Evadez-vous aussi au Parc des Oiseaux à Villars-les-Dombes www.parcdesoiseaux.com un tour du monde ornithologique et le plaisir de nourrir plus de 200 loris qui se perchent sans hésiter sur votre main ou votre épaule.

 

 

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