Scandale en Côte d’Azur : la Voile d’Or jugée bradée à l’étranger

Encore un de plus. Un nouveau palace de la Côte d’Azur tombe dans l’escarcelle d’un investisseur étranger. L’acquisition de la Voile d’Or (5 *) illustre une tendance toujours plus forte de rachat de l’hôtellerie azuréenne par des capitaux essentiellement étrangers.

L’hôtellerie sur la Côte d’Azur poursuit sa mue avec le rachat progressif des derniers établissements indépendants haut de gamme par des capitaux étrangers du moyen orient (Qatari) ou d’Europe de l’Est en attendant demain les Chinois.

Dernier en date, l’Hôtel Voile d’Or, sur la presqu’île de Saint Jean Cap Ferrat près de Nice, qui fait l’objet d’une cession à une société d’investissement à capitaux étrangers.

Créé en 1925 par un anglais champion de golf à la grande époque de la Riviera, ensuite propriété depuis 50 ans de la famille Lorenzi, l’établissement a décroché en 2017 ses 5*.

Son livre d’or porte les signatures de clients prestigieux comme David Niven, Peter Sellers, Rod Stewart ou encore Richard Chamberlain. Le premier épisode de la célèbre série Amicalement Vôtre y a été tourné.

Aujourd’hui une page se tourne et il va être cédé à une société à capitaux étrangers pour un prix de vente qui serait de 70 M€, une somme jugée « bon marché » par les professionnels de l’immobilier en Provence.

La Voile d’Or fait partie des trois 5 * de Saint Jean Cap Ferrat, commune fief des propriétés les plus chères de la Côte d’Azur. Le nouveau propriétaire annonce le fermer durant trois ans pour d’importants travaux de rénovation des quarante-cinq chambres, dotées de salle de bain en marbre, deux piscines, une plage privée, une sauna, un salon royal afin de faire du lieu un établissement classé dans la catégorie « Palace ».

Il serait ainsi le deuxième de la presqu’île à afficher le prestigieux label avec le Grand hôtel du Cap Ferrat, également propriété d’un groupe étranger. Inquiète la commune ne veut pas que l’hôtel soit transformé à terme en un immeuble d’appartements de luxe occupés un mois par an.

Les exemples de ce type se sont multipliés au cours des derniers années comme l’Hôtel Maeterlinck au Cap de Nice ou l’Hôtel Provençal à Antibes Juan les Pins. La municipalité exige du futur propriétaire que l’hôtel soit ouvert au moins 9 mois afin de créer des emplois pérennes et de jouer son rôle pour l’économie de la commune.

Michel Bovas

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