Sauvons le monde, voyageons!

Si le tourisme ne repart pas à l’été prochain, les pays qui en vivent risquent de voir disparaître des dizaines de millions d’emplois. Plus de 100 millions, même, selon l’Organisation mondiale du tourisme.

Dans le secteur du tourisme, plus de la moitié des petites et moyennes entreprises, qui emploient quatre travailleurs sur cinq, devraient disparaître d’ici à la fin de l’année, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les femmes et les travailleurs précaires, jeunes ou peu diplômés, seront évidemment les premiers concernés.

Le poids sur l’emploi

Il faut bien mesurer, en effet, le poids du tourisme sur l’emploi de nombreux pays : 52 % aux Bahamas, 24 % aux Philippines et 21 % en Thaïlande, par exemple, le record appartenant à Antigua et la Barbade avec 91 % de leurs emplois. En Europe même, la crise représente 25 % des emplois en Croatie, 22 % en Grèce, 21 à Malte et 19 au Portugal. Dans le monde, un emploi sur quatre créés entre 2014 et 2019 l’a été dans ce secteur. Et le WTTC estime qu’un emploi est créé pour 11 visiteurs internationaux en Afrique et jusqu’à 13 dans la zone Asie-Pacifique.

Le tourisme représente 8,5 % du de la totalité des biens et services produits en France (PIB), et même 8,6 aux Etats-Unis, 9 % au Royaume Uni et 9,1 en Allemagne, 13 % en Italie et 14,3 % en Espagne, mais 15,5 % au Mexique.

Une locomotive économique

C’est évidemment la vogue des voyages long-courriers qui est à l’origine de ce boom de l’emploi touristique, qui a développé des services qui n’existaient pas pour la clientèle domestique. Mais le tourisme est aussi la principale source d’épargne en devises étrangères, et a des conséquences en cascade sur l’aménagement du territoire, les transports, l’agriculture, l’artisanat et le BTP : c’est une locomotive économique — même si plus de la moitié des recettes touristiques des pays en développement sont détournées vers l’extérieur au profit de groupes occidentaux.

Au-delà du plaisir qu’il procure, de l’enrichissement culturel qu’il apporte, au sens large, le tourisme, qui a vraiment commencé à s’industrialiser à la fin des années 60, est en effet devenu le véritable moteur du développement, comme il n’y a pas d’autre exemple dans l’histoire. Seul le redémarrage du tourisme mondial permettra de relancer la machine. Encore faut-il que toutes les conditions soient réunies.

[Avec Le Monde]

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