Sale temps pour le transport et la logistique…

Selon le Baromètre de l’emploi de ManpowerGroup, les employeurs du secteur du Transport et de la Logistique se montrent pessimistes quant à l’évolution de l’emploi dans leur entreprise d’ici la fin de l’année 2020. En effet, 10% des employeurs belges interrogés dans ce secteur fin juillet par ManpowerGroup prévoient d’augmenter leurs effectifs d’ici la fin du mois de décembre 2020, alors que 14% prévoient de les réduire. 71% d’entre eux n’anticipent aucun changement.

Après correction des variations saisonnières, la Prévision Nette d’Emploi (*) – ou le différentiel entre le pourcentage d’employeurs prévoyant des embauches et le pourcentage de ceux prévoyant des licenciements – atteint la valeur légèrement négative de -3%. C’est une baisse de 4 points par rapport au trimestre précédent et de 12 points par rapport au 4e trimestre de 2019.

« Le marché de l’emploi devrait continuer à tourner au ralenti (0%) au cours du quatrième trimestre en Belgique en raison de la crise sanitaire du Covid-19 » explique Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup BeLux. « Dans ce climat d’incertitude, les employeurs de 4 des 8 secteurs sondés en Belgique anticipent de réduire leurs effectifs : Industrie manufacturière (-1%), Transport et de la Logistique (-3%), Commerce de gros et de détail (-7%) et Horeca (-22%). Les résultats de notre enquête montrent que les employeurs se préparent à une crise plus longue que ce qu’ils n’avaient prévu initialement, car le pourcentage d’entre eux espérant un retour à la normale endéans les 12 mois a baissé, passant de 72% à 58%. Cette prise de conscience de la durée de la crise est observée dans les trois régions et dans la majorité des pays sondés. »

Une crise plus longue que prévu initialement

Les employeurs interrogés se montrent moins optimistes que lors du trimestre précédent quant à la rapidité d’un retour à la normale : 58% d’entre eux (contre 72% en juin) en Belgique s’attendent à ce que leurs recrutements reprennent un rythme équivalent à celui précédant COVID-19 endéans les 12 prochains mois, 15% (9% en juin) pensent que cela prendra plus d’un an et 12% (2% en juin) pensent que cela n’arrivera jamais.

Cette prise de conscience de la longueur de la crise est observée dans les trois régions : seulement un employeur sur deux s’attend à un retour à la normale d’ici un an en Flandre (52%, baisse de 17%), six sur 10 à Bruxelles (60%, baisse de 15%) et près de 7 sur 10 en Wallonie (69%, baisse de 7 points).

La gestion des effectifs au centre toutes les attentions

Selon Philippe Lacroix, « au cours des prochains mois, les entreprises chercheront à trouver le bon mix au sein de leurs effectifs et cela ne sera pas simple sur un marché qui offrira peu de visibilité à long terme. »  A court terme, une large majorité des employeurs sondés prévoient de réintégrer le personnel encore sous le régime de chômage temporaire pour cause de force majeure : 70% des employeurs concernés prévoient de les réintégrer à temps plein,  22% prévoient de les réintégrer avec des horaires réduits tandis que 8% envisagent des licenciements pour une partie d’entre eux.

A un horizon de six mois, près de 7 employeurs ayant participé à l’enquête sur 10 envisagent de maintenir leurs effectifs au même niveau.  Les employeurs vont d’abord tâcher de s’appuyer sur leur propre personnel avant de recourir à de la main d’œuvre externe.

En effet, 21% envisagent de réduire le nombre d’intérimaires, 19% affirment vouloir tâcher de réduire le nombre de consultants externes et 13% prévoient de faire moins appel à des travailleurs indépendants (freelances). Pour lutter contre l’impact du COVID-19, 62% des employeurs interrogés ont mis en place du télétravail et 23% se déclarent même prêts à offrir la possibilité de travailler à distance 100% du temps.

Les résultats de la prochaine édition du Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’Emploi seront diffusés le 8 décembre 2020 (1er trimestre 2021).

(*) La valeur de la Prévision Nette d’Emploi est obtenue en déduisant du pourcentage des employeurs anticipant une hausse de l’emploi total, le pourcentage des employeurs prévoyant une baisse de l’emploi dans leur entreprise pour le trimestre suivant. Il s’agit donc ici du solde net des prévisions d’emploi, qui peut être aussi bien positif que négatif. Les commentaires se basent sur les données désaisonnalisées, lorsqu’elles sont disponibles. Les données corrigées des variations saisonnières ne sont pas disponibles pour la Croatie et le Portugal.

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