Image: Ryanair

Michael O’Leary applique depuis des années ce vieux principe de base du marketing : que ce soit en bien ou en mal, l’important est qu’on parle de vous.

Tous les mois, il lance une idée ou une communication, parfois surréaliste ; mais laissons-lui au moins ce bénéfice du doute : c’était peut-être de l’humour. Il avait –on s’en souvient- lancé l’idée farfelue de faire voyager les passagers debout, se tenant aux mains-courantes ; mais il avait alors réalisé qu’il ne volait pas en Airbus… Il avait aussi imaginé faire payer l’usage des toilettes, et l’on s’est payé sa tête.

La dernière communication en date apparaît bien comme une (première ?) grave erreur : sa suppression unilatérale de 2.000 vols « pour retrouver la ponctualité ». Il n’est jamais payant de prendre les clients pour des imbéciles. Comment peut-on faire croire que l’on rende furieux, voire dégoûtés, 400.000 passagers avec pour seule raison le rétablir sa réputation de ponctualité ?

Tous ceux qui suivent l’actualité politico-aéronautique savent bien que Ryanair doit faire face à des problèmes bien plus sérieux que cela. Mais dans la logique O’Learienne, on transforme un problème, ou on le camoufle à tout le moins, par une communication qui vise un objectif positif : la ponctualité.

Les vrais problèmes sont de plusieurs ordres

Ryanair-avions-alignésC’est fort bien de quitter les aéroports de provinces peu fréquentés au profit de grandes plaques tournantes ; mais il faut alors assumer les services plus lents, l’encombrement dû au trafic, les « slots » bien plus réduits.

C’est sans doute louable économiquement de faire travailler son personnel jusqu’à la rupture, mais que faire quand elle survient ? Et avec elle les problèmes juridiques inhérents à tout contrat d’emploi : la Cour de Justice de l’UE vient de rendre un jugement terrible pour Ryanair : son personnel n’est plus sensé dépendre des lois en vigueur au siège de l’employeur – l’Irlande – mais des lois du pays où ce personnel travaille le plus souvent, où il réside… où il vit, tout simplement.

On peut encore ajouter que les vacances finies, il est évident que le coefficient de chargement sur certaines destinations diminue fortement, et la rentabilité de certains vols avec lui. Il est évident aussi que les personnels navigants doivent prendre congé ; qu’ils ont des offres d’emplois plus rémunérateurs, ou moins contraignants, tant la demande est forte dans le secteur.

leary_2812667bIl est évident que les avions, aussi modernes soient-ils, doivent entrer en révision longue après un usage aussi intensif que celui de Ryanair. Il y a des lois internationales pour ça… Et Ryanair ne peut y échapper.

Voilà quelques unes des autres raisons qui ajoutent à ce développement ultra-rapide, et pour tout dire un peu fou, de la compagnie irlandaise.

Et qu’on ne vienne plus nous dire qu’un avion cloué au sol permet à un autre d’être plus ponctuel ! On peut supporter beaucoup de contraintes de Ryanair… mais pas l’injure à l’intelligence.

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