Ryanair : de nouveaux remous sont à craindre à l’avenir

Contestés lors de mouvements de grève au Royaume-Uni et en Espagne, enfermés dans des négociations infructueuses en Irlande, lâchés par un chef des opérations spécialement engagé pour faciliter l’entrée des syndicats dans l’entreprise, les dirigeants de Ryanair poursuivent désormais leurs propres pilotes pour avoir exercé leurs prérogatives de représentants syndicaux affirme l’European Cockpit Association.

C’est dire si, deux ans après que la compagnie se soit engagée à dialoguer avec ses pilotes et son personnel de cabine, les problèmes sont encore loin d’être résolus. Malgré des accords signés au prix de longues négociations avec plusieurs syndicats, Ryanair semble manquer d’une stratégie claire à long terme sur la manière de créer une véritable culture du dialogue social avec ses employés, d’instaurer des relations de travail stables et une paix sociale durable. Les attentes étaient pourtant fortes parmi les salariés de la compagnie.

A présent, les pilotes européens représentés au sein de l’European Cockpit Association (ECA) craignent que Ryanair ne revienne à ses anciennes « pratiques ». Ainsi, dix représentants syndicaux irlandais font l’objet d’une action en justice. Dans le même temps, la compagnie recourt à la fermeture de ses bases et à des suppressions d’emplois chaque fois qu’une grève est annoncée. Elle crée Buzz, une filiale polonaise, en utilisant majoritairement des équipages (pilotes et PNC) prétendument indépendants – embauchés par l’intermédiaire de Warsaw Aviation – et par nature non syndiqués.

Retour à la « culture de la terreur »

C’est un choix stratégique risqué pour une entreprise dans une période de contrôle intense du travail indépendant, un choix qui pourrait être contesté par les autorités aux niveaux national et européen comme en témoigne la récente décision du gouvernement irlandais de réprimer le faux travail indépendant dans le pays.

Dans le même temps, les pilotes s’inquiètent d’un possible retour à la «culture de la terreur». L’ECA reçoit d’ailleurs de plus en plus de témoignages de pilotes, représentants syndicaux, qui ont le sentiment d’un retour à la gestion antisyndicale d’avant 2017. Dès lors que certains ressentent une forme d’intimidation, craignent pour la pérennité de leurs emplois, il y a là un indicateur clair de la façon dont s’oriente le dialogue social.

Du point de vue de l’ECA, et plus généralement de celui des représentants des pilotes, c’est une stratégie particulièrement risquée pour une compagnie aérienne ayant des projets de croissance importants. Ce faisant Ryanair affaiblit aussi son attractivité en tant qu’employeur.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire le communiqué de nos partenaires de l’ECA (European Cockpit Association) ci-après.

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