RGPD : Il va falloir s’y faire…

J’aime bien l’hebdomadaire 7Dimanche, un journal gratuit et régional, qui ne me laisse pas tout un jour sans nouvelles : je suis de la génération papier, et fier de l’être puisqu’un arbre, ça repousse, alors que les métaux lourds et rares nécessaires aux smartphones, aux tablettes et à leurs batteries vont continuer à polluer durant des milliers d’années. Mais mon sujet n’est pas le « bashing » contre le papier, c’est le RGPD !

Des exemples

On vous a déjà tout dit, mais vous n’avez pas bien écouté. Le RGPD va avoir de lourdes conséquences sur la vie en entreprise, sur l’entente entre collègues, par exemple. 7Dimanche, en collaboration avec le site references.be, fait un utile tour de la question. Exemples.

Demain, c’est l’anniversaire de votre collègue, avec qui vous travaillez depuis 25 ans. Pas question de le lui souhaiter devant tout le monde, de chanter « Happy birthday » ni d’offrir une coupe de cava : une date d’anniversaire, c’est une donnée personnelle, et vous ne pouvez la livrer qu’avec l’accord de l’intéressée. Bonjour la surprise.

Meilleurs vœux

Vous êtes maintenant vers la mi-décembre, et le patron vous charge comme chaque année d’envoyer quelques cartes de vœux à vos meilleurs clients. Pour cela, vous utilisez le fichier client et les adresses qui s’y trouvent. Crime ! (et donc châtiment) : c’est une donnée personnelle. L’idéal serait d’écrire à votre client pour lui demander si vous pouvez lui écrire une carte de vœux ; mais ce n’est pas permis de lui écrire…

Allergique ?

Vous gérez un groupe de clients, et parmi vos tâches il y a la réservation de l’un ou l’autre restaurant. Et parmi vos clients, il y a un végétarien, une autre qui est allergique au lactose, et un troisième qui l’est aux fruits de mer.

Eh bien vous devrez avoir l’accord de ces personnes pour pouvoir signaler leur « cas » au restaurateur ou au traiteur. Le hic, c’est que pour demander cette autorisation à vos clients, il faut nécessairement que vous ayez connaissance de leurs allergies… Et ça, vous ne pouvez pas : c’est une donnée personnelle.

Opinions closes

Votre voisine de bureau échange avec vous ses impressions sur le bourgmestre de Bruxelles. « Je trouve que c’est un bel homme, imposant ! » – « Oui, un ancien rugbyman », et blablabla. Interdit ! On ne peut absolument pas parler de politique au bureau, vos opinions sont purement personnelles.

L’enfer de la dépersonnalisation

Dois-je continuer ? Quand je vous disais que vos relations sociales allaient être solidement perturbées… On va vers un monde où on ne saura rien de ses voisins, on dira juste bonjour-bonsoir et basta.

Chacun dans son coin, et personne à mes funérailles : le jour de ma mort, ce sera une donnée très personnelle, mais ça me sera définitivement égal.

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