Réchauffement climatique: le sud de l’Europe en question

Moulins dominants la ville de Chora sur l'île d'Amorgos dans les Cyclades ©Hervé Ducruet

On tient le tourisme pour l’un des secteurs économiques qui contribue le plus au réchauffement climatique, dû notamment aux émissions de CO2 du transport aérien et automobile ou encore à la climatisation des établissements hôteliers. Il s’agit en quelque sorte d’un cercle vicieux car, à son tour, le réchauffement affecte directement les destinations touristiques en augmentant les températures et en produisant des phénomènes naturels extrêmes qui mettent en danger la sécurité des vacanciers.

Des phénomènes naturels plus fréquents

De nos jours, les effets du changement climatique se manifestent principalement dans les zones côtières ou sur les îles, c’est-à-dire les principaux générateurs de bénéfices économiques pour l’industrie.

Une autre conséquence est le facteur de risque causé par des phénomènes naturels de plus en plus fréquents tels que les tempêtes, les inondations ou les incendies et l’impact direct que cela cause sur les infrastructures touristiques.

A terme, l’élévation du niveau de la mer pourrait endommager les zones côtières, en provoquant l’érosion et la conséquente perte de plages.

Les températures extrêmes, le changement de vitesse des vents, la mauvaise qualité de l’air, le rayonnement solaire et l’humidité commencent à rendre certaines destinations inconfortables à visiter et, peu à peu, les touristes cherchent des nouvelles options.

Des records de températures

Récemment, la OMM (Organisation Météorologique Mondiale) a signalé la température record de 38 degrés Celsius enregistrée le 20 juin dernier dans la ville russe de Verkoyanks, en Sibérie. La vague de chaleur de la mi-août a fait grimper le thermomètre jusqu’à 54 degrés dans la Vallée de la Mort, en Californie.

Certes, ces lieux ne figurent pas dans les premiers choix des visiteurs, mais citons le cas de l’Espagne où l’on registre pour la deuxième année consécutive une chaleur sans précédent, même dans les régions nord, soumises pourtant aux vents frais de l’Atlantique.

L’Espagne et le Portugal pourraient connaître des changements dans le tourisme

La plupart des touristes étrangers qui visitent l’Espagne arrivent du nord et du centre du continent européen à la recherche d’un meilleur climat. Comme au Portugal, ils y prennent même leur retraite, profitant de l’ensoleillement et de bonnes températures presque toute l’année.

Sans oublier que le coût de la vie y est moins cher. Dans toute l’Europe, le changement climatique entraînera également des changements dans le tourisme : ces dernières années, on constate qu’en été les Britanniques et les Allemands préféraient rester dans leur pays car il fait de plus en plus chaud.

Le changement climatique en Espagne va sans doute entraîner un allongement de la saison touristique à pratiquement toute l’année, en particulier sur la côte, alors qu’il y a quelques décennies elle était concentrée sur la saison estivale.

Cependant, en juillet et août, certaines régions comme l’Andalousie pourraient voir leurs visites réduites en raison de la chaleur excessive. On ne peut donc pas dire que le changement climatique va nuire au tourisme en Espagne, mais plutôt qu’il va générer une redistribution, en s’adaptant aux nouvelles conditions.

C.A.T.

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