Quid du tourisme en Israël après 74 années de conflits ?

Le conflit israélo-palestinien est un yoyo permanent qui enflamme les médias au fil des tensions, des manifestations, des colonisations, des ségrégations, des situations de guerre presque permanentes. Nous n’allons pas prendre position dans ce dossier tant il est sensible. Essayons de tracer un rapide récapitulatif.

Le 29 avril 1947, l’ONU adopte un plan de partage de la Palestine en 2 États indépendants, un juif et un arabe. Le 14 mai 1948, fin du mandat britannique sur la Palestine. David Ben Gourion, Président du Conseil National juif, proclame l’indépendance de l ‘état d’Israël. Et le 15 éclate la 1ère guerre israélo-arabe. Fin des combats en 1949, avec les accords de Rhodes fixant une ligne de démarcation qui demeurera jusqu’en 1967.

En décembre 1949, Ben Gourion annonce le transfert de la capitale à Jérusalem. Novembre 1955 : nationalisation du canal de Suez par Nasser, et 2e guerre israélo-arabe. Fin 1956, les Israéliens évacuent le Sinaï, et le pays retrouve ses frontières de 1949.

Juin 1967, 3ème guerre dite des 6 jours, Israël occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem Est et le plateau du Golan.

La Mer Morte vue depuis la forteresse de Massada avec les montagnes jordaniennes en arrière-plan © Hervé Ducruet

Novembre 1967, résolution 242 de l’ONU qui prévoit l’évacuation des territoires occupés en échange de la reconnaissance d’Israël par tous les États du Proche Orient.

Octobre 1973, 4ème guerre, dite du Kippour. L’Égypte occupe le Sinaï mais se retire.

En 1974, Israël signe un accord avec la Syrie, puis en 1975 sur le Sinaï avec l’Égypte. En novembre de la même année, l’Assemblée Générale de l’ONU reconnaît le droit des Palestiniens à la souveraineté et à l’indépendance nationale.

En décembre 1988, Yasser Arafat, chef de L’OLP, reconnaît le droit d’Israël à vivre en paix, et déclare renoncer au terrorisme.

Mur occidental à Jérusalem © Hervé Ducruet

En septembre 1993, Israël et l’OLP signent l’accord d’Oslo sur une autonomie palestinienne transitoire de 5 ans.

Novembre 95 : assassinat de Yitzhak Rabin.Mai 96 : élection de B. Netanyahu comme 1er Ministre, qui remet en cause les accords d’Oslo.

Octobre 98 : nouvel accord de paix entre Arafat et Netanyahu.

Septembre 2000 : 2e intifada qui durera jusqu’en 2005, et qui fera 4.700 victimes. (Source l’Express)

Novembre 2004 : mort de Yasser Arafat.

De 2005 à nos jours, le temps passe entre annonces de fin de violences, cessez le feu, mais surtout d’autres péripéties guerrières, entre Israël, le Hamas ou le Hezbollah.

Aujourd’hui, retour à la case départ. La paix semble encore bien éloignée, entre rockets et missiles. L’ONU et les autres puissances internationales semblent impuissantes, ou peut être fatiguées…, d’essayer de régler un conflit vieux de 74 ans !!

Mur des Lamentations à Jérusalem © Hervé Ducruet

Et le tourisme dans tout ça ?

4,9 millions de personnes ont visité Israël en 2019. (+ 12 % versus 2018), dont 4,6 millions ont passé au moins une nuit. La majorité des visiteurs (plus d’1 million) sont originaires des USA. 555.000 sont Russes, 400.000 sont Français, les Allemands (300.000), puis les Britanniques et Italiens (200.000). (source Veille Info-Tourisme)

Pour un pays de 9 millions d’habitants, secoué par des troubles de guerre, c’est pas mal. Nous n’avons pas voulu soulever le problème des colons, toujours encouragés économiquement par le gouvernement israélien à poursuivre leurs implantations. Et qui sont partie intégrante du conflit permanent.

©Dana Friedlander, Israel Tourist Authority

Une autre forme de tourisme se développe, le religieux demeure, certes, mais visiter une ville comme Hebron, en état de siège depuis 25 ans, avec ses check-points et autres restrictions, attire les curieux avides de « vivre », le temps de quelques heures, l’expérience d’une ambiance de guerre.

Souhaitons, à toutes les parties, un retour au calme, et « un autre accord de paix »... durable cette fois !

Le touriste veut retourner en Israël !

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Commentaires

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1 COMMENT

  1. Moi je n’y mettrai pas les pieds et je boycotte tout produit venant d’Israel tant qu’il n’y a pas de paix durable entre Israeliens et Palestiniens.

    Toute l’Occident a sanctianné l’Afrique du Sud pendant la période de l’Apartheid, à juste titre.
    Mais Israel pratique à l’égard de Ghaza un embargo économique bien pire, les Colons s’étendend illégalement en Cisjordanie Palestinienne et à Jérusalem, les Palestiniens sont encore plus discriminés que les Noirs du temps de l’Apartheid.

    Mais l’Occident ne bronche pas….

    J’aimerais comprendre….

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