Qui est le plus impacté dans le secteur du tourisme ?

Il n’est pas si simple de répondre à cette question ! Oui, l’aérien et le maritime sont les secteurs les plus touchés comme l’a fort bien expliqué notre confrère et ami Claude Boumal. Mais il ne faut pas oublier les tour-opérateurs qui se demandent aussi comment résister à cette hystérie collective car les médias s’intéressent peu aux spécialistes et aux petites agences de voyages !

Les transporteurs aériens … touchés mais pas coulés

Le transport aérien affronte une crise sans précédent. L’Association internationale du transport aérien (IATA), assure que la propagation de l’épidémie de Covid-19 pourrait représenter pour les opérateurs aériens une perte de chiffre d’affaires comprise entre 63 milliards et 113 milliards de dollars.

IATA tablait pour 2020 sur une progression de 4% (+34 milliards de dollars), à 872 milliards de dollars. Les sommes en jeux sont énormes mais les grandes compagnies aériennes ne sont pas en danger.

Certaines ont déjà pris des décisions drastiques : mettre en congé une partie du personnel (avec ou sans salaires), supprimer des axes, laisser sur le tarmac les machines ! Elles espèrent que comme pour le SRAS, elles connaîtront après le mois de Mars une forte reprise des réservations.

Le secteur du tourisme est particulièrement touché par l’expansion du coronavirus. Ici, le musée du Louvre a rouvert ses portes, mercredi. Il fait partie des lieux habituellement très fréquentés par lL’Asie Pacifique et l’Europe : les deux régions les plus impactées

Selon plusieurs experts, la baisse de trafic en Europe de l’Ouest (Autriche, France, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suisse, Suède, Royaume-Uni) serait de 24%.

On évoque un chiffre d’affaires de 37,3 milliards de dollars, soit le deuxième marché le plus touché après celui de l’Asie Pacifique (la Chine, le Japon, la Malaisie, Singapour, la Corée du Sud, la Thaïlande, le Vietnam et l’Australie) dont les pertes se situeraient à environ 50 milliards de dollars.

Les petites compagnies aériennes sont en danger

En Europe, on vient de voir Flybe déposer son bilan, il y a quelques jours. Il est évident que les compagnies avec moins de 50 appareils vont souffrir bien plus que les grandes compagnies qui disposent de réserves en trésorerie.

Les compagnies de croisières ne savent plus où aller

La plupart des grands groupes de croisières ont abandonné l’Asie pour rejoindre des eaux plus clémentes. Mais là encore, certains ports ne veulent plus les accueillir. Pourtant les mesures sanitaires à bord des navires sont devenues encore plus strictes.

Les pays réceptifs doivent faire face à l’opposition de leur population. On a vu des scènes ignobles dans les Antilles Françaises contre des touristes italiens. Ces pays ne veulent également pas faire partie du classement des pays où les infections sont les plus importantes.

On a pu voir la décision irresponsable du Japon avec le Diamond Princess où les passagers ont été laissés en quarantaine à bord du bateau. Il était évident que l’épidémie allait s’étendre dans un endroit aussi confiné.

Les hôteliers font le dos rond et certains bradent leurs chambres

De nombreux grands évènements ont été annulés. C’est une clientèle qui ne viendra pas dans les hôtels mais également dans les restaurants environnants.

On pense bien sûr à ITB Berlin. Nous étions en reportage à Cannes la semaine dernière. Nous avons logé dans un hôtel 4 étoiles pour 65 euros la nuit ! Plusieurs restaurants ne servaient pas de repas le soir !

Les tour-opérateurs sont très inquiets … surtout les spécialistes !

Nous arrivons à la fin de la période d’hiver qui est une période basse pour les TO qui vendent surtout la méditerranée. Par contre, pour les spécialistes de l’Asie, en particulier, c’est une période très difficile.

Il faut espérer que ce coronavirus s’éloigne d’ici la fin du mois de Mars pour la reprise des ventes. Encore une fois, les grands voyagistes vont tenir le coup si l’épidémie s’éloigne d’ici la fin du mois de Mars. Par contre, les plus petits vont être en danger.

Les agences de voyages sont les plus menacées

A l’exception des réseaux intégrés, les agences de voyages ont vu leurs ventes s’effondrer depuis quelques semaines.

Les clients se font rares et les réservations pour le printemps et l’été sont au point mort. Il faut payer des salaires et surtout le loyer.

Nous nous sommes rapprochés de plusieurs patrons d’agences. Ils sont bien sûr très inquiets. Ils prennent tous des mesures d’économie. Mais certains frais fixes doivent être assumés. On vit au jour le jour pour de nombreuses petites agences de voyages. Elles sont en danger car elles n’ont que rarement une forte trésorerie pour tenir plusieurs semaines.

Il va falloir beaucoup de courage, de patience et d’idées pour que notre secteur reprenne des couleurs.


Les autocaristes aussi

Spécialiste du secteur Autocars, David Ullens nous a adressé son analyse, en complément à nos informations :

Outre les compagnies aériennes, de croisières et les hôtels, il y a également les restaurants et les autocaristes. Les autocaristes de Bruxelles travaillant dans l’incoming de touristes Chinois et Américains enregistrent de nombreuses annulations.

Certaines groupes belges commencent à annuler des sorties (vers expositions et foires). Il y a des centaines de voyages en autocar réservés vers l’Italie pour les vacances de Pâques, qui risquent d’être annulés si la situation en Italie ne se redresse pas rapidement.

Ensuite il y a le ralentissement des demandes de prix et des réservations, qui touchent apparemment tous les autocaristes belges.

La FBAA (Fédération Belge des entreprises d’Autocars et Autobus) recense actuellement les pertes auprès de ses membres (+/- 80% des entreprises belges). Pour tout le secteur, les pertes seront probablement considérables, beaucoup d’autocaristes considèrent déjà que Covid19 pourrait avoir un impact aussi négatif que le 11/09/2001…

David Ullens




 

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