La « Journée européenne du Tourisme », organisée par la Commission Européenne pour la 10ème fois est le deuxième moment important de la fin du mois de novembre (le premier étant le Beaujolais nouveau, évidemment). Au delà des blablas ministériels, les idées fortes étaient émises par des intervenants de qualité.

Cela se passait au Charlemagne.

Mettons de côté l’aspect grand-messe dont l’Europe raffole. Mais quand même, réunir un peu plus de 400 personnes, venant d’une vingtaine de pays, avec la même diversité parmi les intervenant(e)s, (où nous avons apprécié la présence de Michel de Blust, l’excellent Secrétaire général de l’ECTAA), cela donne une densité réelle à cette journée d’étude.

Le thème : le tourisme à l’horizon 2025

Au-delà de discours assez banals et convenus, dans le cas des Ministres et des Commissaires, la variété du panel d’intervenants a permis de faire émerger quelques idées force dans le cadre du thème choisi : « Le Futur du Tourisme au sein de l’UE », sous-entendu, à l’horizon 2025.

Première demande (audacieuse !) :

qu’il y ait, dans l’avenir, un Commissaire européen dédié à 100% au tourisme, sans s’occuper aussi des transports ou d’un autre domaine.

Utopique ? Le tourisme constitue quand même le 3ème secteur économique au sein de l’UE (après les services et la construction).

Le tourisme pour les nuls

Constat largement partagé : le retard informatique de l’industrie du tourisme en Europe, est criant, à tous niveaux. Il est urgent de développer des formations, voire une stratégie commune, avancent certains.

Une autre piste, mise en avant surtout par les représentants des régions d’Europe : Réaliser (et financer…) des investissements stratégiques, directement utiles au développement touristique.

Un territoire unique ?

Pour quelques orateurs, la promotion touristique devrait suivre le principe « Europe : un territoire unique », créant dans la foulée une stratégie commune. Réaliste ? Pas sûr quand on voit la difficulté à établir une stratégie commune au sein d’un seul état membre.

Mais attention : selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, dans les années à venir, l’offre touristique mondiale va être multipliée par trois, alors que la demande ne le serait que par 2 ! Mieux vaut s’y préparer en Europe.

Autre questionnement : le « sur-tourisme ».

En clair : dans les zones où il y a une surcharge touristique. Lorsque la population de 13.000 habitants d’un site accueille par an 130.000 visiteurs, la cohabitation devient évidemment problématique. Le représentant du tourisme régional des Pouilles l’a rappelé avec force. Il sait de quoi il parle.

La solution se cache-t-elle dans la « gestion des flux », la répartition des touristes ? De l’avis de plusieurs orateurs, la tâche semble impossible.

Simplification ??

Si les consommateurs, les opérateurs privés (agences et TO) et les formes nouvelles d’hébergement sont d’accord, c’est sur la nécessité d’un développement d’une économie touristique basée sur le partage et le respect des cultures locales, sur le développement durable, mais encore sur une réelle simplification fiscale, législative et administrative.

Sans oublier la rentabilité comme l’a rappelé Michel de Blust.

Bref, il y a vraiment du boulot pour un Commissaire européen full time !

Pour visionner toute cette journée :

https://webcast.ec.europa.eu/european-tourism-day

(NDLR : au moment où la nouvelle directive européenne sur les voyages à forfait est votée et doit bientôt entrer en application, le moins que l’on puisse réclamer, c’est la simplification fiscale, législative et administrative. Mais on aurait aimé que la directive incriminée soit réellement montrée du doigt à cette occasion ! Encore raté !)

Christian Vanderwinnen

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