Quel avenir touristico-mémoriel pour le dernier haut fourneau de Charleroi ?

La question est pendante depuis plusieurs années déjà : Que faire avec le dernier haut fourneau, communément appelé dans le bassin HF4, encore debout dans le paysage de plus en plus clairsemé de la sidérurgie carolorégienne ?

Si des anciens sidérurgistes de Carsid sont très actifs, via divers comités, pour tenter de sauver ce monstre d’acier construit en 1963, d’autres, au moment du « tout au numérique », n’y voient aucun intérêt ou alors, d’un point de vue strictement industriel, une source de profit (mitraille) pour alimenter par exemple des fours électriques.

Un an de sauvegarde

Le groupe sidérurgique italo-suisse Duferco (Lugano), propriétaire de 102 Ha à la Porte Ouest de Charleroi, se dit prêt à envisager toutes les hypothèses, en compris la vente de la totalité du site qui comprend notamment le fameux HF4.

Ce jeudi, le ministre wallon du Patrimoine et du Tourisme, René Collin, était à Marcinelle pour annoncer qu’il plaçait cet outil sidérurgique sur la « liste de sauvegarde » du patrimoine wallon. Soit une protection équivalente à un classement.

Et cela , pendant une durée toutefois limitée à un an, sans possibilité de reconduction.

La ville de Charleroi inerte !

Rappelons par ailleurs que le même ministre luxembourgeois a réservé, dès l’été dernier, une enveloppe de 4 M€ pour sauver le HF4 (autrement dit, le montant nécessaire pour l’acheter à son propriétaire italo-suisse), pourvu que la Ville de Charleroi, ou toute autre opérateur public local, lui montre un projet crédible, gérable sur le long terme, de valorisation touristico-mémorielle de ce témoin sidérurgique.

Depuis juillet 2018, René Collin attend toujours un projet crédible de la Ville de Charleroi qui, il est vrai, n’a toujours pas été capable de rendre public un programme de requalification de l’entièreté de ce site qui n’est plus sidérurgique depuis….2011 !

Ville impécunieuse

Nous tenons de bonne source qu’AUCUNE discussion sérieuse et directe entre le bourgmestre Magnette (PS) et ses équipes n’a été initiée avec le groupe Duferco pour désintéresser ce dernier du site.

Il est vrai que la première ville de Wallonie a sans doute d’autres priorités, sociales notamment, et ne dispose d’aucune marge budgétaire pour satisfaire les légitimes prétentions financières du propriétaire italo-suisse.

On en n’est là, c’est à dire nulle part, alors que fort de ses deux permis de démolition, Duferco poursuit la déconstruction/valorisation des installations de Carsid, dans le stricte respect du contenu des permis assurent en chœur les fonctionnaires wallons compétents en la matière.

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