Que de changements en dix ans!

Seules quatre des dix premières destinations préférées des Français en 2006 figuraient encore dans le « Top 10 » de la saison 2015-2016…

Dix ans après, selon l’étude faite par le SETO (l’équivalent français de l’ABTO) et reprise par le quotidien économique Les Echos, la Tunisie, le Maroc et la Turquie, qui composaient le « podium » du tourisme des Français à l’étranger ont totalement disparu du classement. Ces trois pays méditerranéens représentaient alors, avec l’Egypte, quatrième, elle aussi disparue, un total de près d’un million de vacanciers…

 Les trois premières destinations disparues…

Ce sont aujourd’hui les Canaries qui ont pris la tête du classement, devant les îles grecques et l’Espagne continentale, déjà quatrième il y a dix ans. On trouve ensuite les Baléares, qui fermaient alors la marche, suivies de la Grèce continentale, du Maroc — tout de même — et de l’Italie continentale (qui perd néanmoins quelque 50.000 clients). Huitième, le Portugal fait son apparition dans le classement, suivi par le Sicile et, clôturant le classement, la République Dominicaine, qui était sixième il y a dix ans.

… et vite remplacées

Ces chiffres concernent la France, et ne sauraient être totalement extrapolés au marché belge — c’est particulièrement vrai pour la République Dominicaine. Mais ils ont le mérite de montrer à quel point le tourisme est sensible à l’environnement international, en particulier sécuritaire. Que les « majors » sont vite remplacées. Et surtout, que rien n’est jamais acquis, dans le monde du tourisme comme dans d’autres.

Les pertes ne sont pas pas comblées

Toutes ces parts de marché perdues, à l’inverse, n’ont pas été comblées, loin s’en faut, par l’arrivée de nouveaux touristes. Si des Russes, et même des Chinois, dans une moindre mesure, sont venus quelque peu contrebalancer les pertes de pays comme la Tunisie ou la Turquie, cela n’a jamais été suffisant à redresser la balance.

La faillite des politiques commerciales

Enfin, un tel constat sonne aussi le glas des politiques de communication de tous les pays atteints, trop souvent élaborées au départ d’une méconnaissance effrayante de leurs marchés, et qui n’ont eu jusqu’ici pour réponse à la crise qu’une baisse des prix aussi spectaculaire qu’inutile.

Il leur faudra, impérativement, revoir leur copie pour les années prochaines, qui commencent maintenant. En cessant notamment de croire que leurs toutes puissantes administrations seraient vraiment capables susciter intelligemment la demande plutôt que de relancer l’activité au départ d’une offre devenue obsolète.

 

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