La semaine de la démesure américaine

La semaine de la démesure américaine

La semaine dernière a démontré que les États-Unis restent le pays de la démesure, mais surtout un pays qui sait tirer les marrons du feu et refiler la patate chaude de la crise aux Européens. C’est ce que nous démontre notre chroniqueur éco, via 3 exemples assez frappants dont celui de la marque automobile Tesla !

En fin de semaine, ce qui m’est venu immédiatement à l’esprit, c’est que c’est une semaine sous le signe des États-Unis. D’abord, parce que comme vous le savez, les Américains ont signé un accord avec les Chinois, une sorte de trêve dans la guerre commerciale qu’ils se livrent depuis 3 ans.

Là aussi, je vous préviens, derrière les sourires de façade, l’accord est totalement bidon. C’est juste parce que cela arrange les deux parties, mais les sujets qui fâchent n’ont absolument pas été réglés.

Alors pourquoi cet accord, me direz-vous ? Parce que Donald Trump veut arriver devant les électeurs américains le 3 novembre prochain avec l’image du président qui a fait plier ces vilains Chinois. Quant aux Chinois, ils ont accepté de signer cet accord de façade uniquement parce qu’ils espèrent que Donald Trump ne sera pas réélu le 3 novembre prochain et que son successeur Democrate sera moins têtu.

En fait, il faut bien garder à l’esprit que la Chine et l’Iran sont les meilleurs ennemis de Donald Trump, deux ennemis qui lui permettent de marquer des points au sein de l’électorat américain.

Mais si je vous dis que cette semaine est aussi une semaine américaine, c’est parce que les banques américaines viennent de dévoiler leurs résultats financiers. Et c’est simple, ces banques ont des résultats exceptionnels. Prenez juste la plus grosse d’entre-elles, JP Morgan : elle est valorisée aujourd’hui en Bourse à 435 milliards de dollars. A titre de comparaison, la plus grosse banque européenne, BNP Paribas, ne pèse que 65 milliards d’euros.

Ce n’est plus une différence, mais un gouffre. Et je vous en parle parce que souvenez-vous, la crise de 2008 a été provoquée à l’origine par des banques américaines, et 12 ans après, ces banques américaines sont plus fortes, plus rentables et plus grosses que jamais.

Alors que les banques européennes, qui étaient les victimes de cette fameuse crise des subprimes, sont en restructuration permanente et n’affichent pas les mêmes résultats.

Ce qui prouve que quand les Américains ne signent pas des accords bidons, ils arrivent aussi à refiler la patate chaude de la crise aux autres avec beaucoup de talent.

Et des talents, les Américains en regorgent. Prenez le cas d’Elon Musk, le fondateur de Tesla. Il doit aussi être heureux, d’abord parce que Tesla vaut aujourd’hui 96 milliards de dollars en Bourse.

Là aussi, Peugeot et Renault avec leurs 18 et 12 milliards d’euros de valorisation font figure de nain à côté du géant Tesla qui n’existait pas il y a quelques années encore.

Et comme on est aux Etats-Unis, le pays de la folie financière, je vous rappelle que si la valorisation de Tesla dépasse pendant 6 mois la barre des 100 milliards, Elon Musk avait signé en son temps un plan d’intéressement qui lui fera gagner 350 millions de dollars d’un coup sec. Mais si la valorisation devait encore grimper, Elon Musk pourrait théoriquement gagner jusqu’à… 50 milliards de dollars !

A ce niveau-là, on est plus dans la finance mais dans la science-fiction. Et donc, oui, on ne le dirait pas comme ça, mais cette semaine qui s’achève était une semaine de la démesure américaine !

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