Qatar Airways veut le beurre, l’argent du beurre… et la crémière aussi?

Qatar Airways nous semble être dans son métier quand elle achète des avions, propose de nouveaux sièges ou investit dans des compagnies aériennes. Par contre, on reste pantois quand la compagnie, au bilan financier négatif, rachète des hôtels ou des aéroports. On peut comprendre que des compagnies comme Lufthansa, Air France ou encore des compagnies aériennes américaines se posent quelques questions sur une concurrence jugée déloyale.

Le Qatar est très riche… et ça peut aider !

Le Qatar est à la première place pour son PIB par habitant. Il serait de 127.600 $, selon le Fonds Monétaire International. Le Luxembourg est à la deuxième place, avec 104 003 $.

Le fait d’avoir la troisième plus grande réserve de gaz naturel et réserve de pétrole au monde permet pas mal de fantaisies. L’émirat a cette première place car la population est d’à peine 2 millions d’habitants. Le fonds souverain du Qatar serait évalué à 335 milliards de dollars. Une paille !

Qatar Airways perd de l’argent, mais…

Qatar Airways a prévenu ses actionnaires (principalement l’émirat du Qatar) qu’elle perdra beaucoup d’argent sur son exercice 2017/2018 se terminant en mars. La compagnie aérienne affirme que cela est dû aux différends politiques avec ses voisins.

La compagnie aérienne a perdu l’accès à 18 villes en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, en Égypte, à Bahreïn… en juin 2017, lorsque ces pays ont coupé les liens avec le Qatar après l’avoir accusé de soutenir le terrorisme.

… Et ouvre des escales à foison

Il est difficile de connaître les taux de remplissage, mais on se pose tout de même de sérieuses questions sur l’économie de certaines destinations. Par exemple, il ne doit pas être évident de remplir des vols sur Chiang Maï, Pattaya, Penang, Langkawi, Da Nang, Mykonos, Thessalonique… On attend de voir les performances, mais saurons-nous un jour la vérité ? En attendant, la compagnie qatarie à de l’appétit… Jugez plutôt.

Et pourquoi pas une part dans un aéroport russe ?

Qatar Airways s’apprêterait à acheter une participation de 25% dans l’aéroport international de Vnoukovo en Russie, l’un des quatre principaux aéroports desservant la capitale, Moscou.

L’accord, dont les détails financiers n’ont pas encore été divulgués (le seront-ils un jour ?), est le résultat d’une courte visite de travail du cheikh Tamim bin Hamad Al Thani à Moscou.

Le fonds souverain du Qatar aurait pu faire l’achat directement. Non ?

Et pourquoi pas un peu plus d’hôtels ?

La compagnie aérienne a aussi élargi son portefeuille d’hôtels, qu’elle exploite par l’intermédiaire de sa branche hôtelière, Dhiafatina Hotels.

La gamme actuelle comprend le Sheraton Skyline Hotel à l’aéroport d’Heathrow à Londres, le Novotel Edinburgh Park à Édimbourg, en Écosse, l’Oryx Rotana Hotel à Doha, au Qatar et l’Airport Hotel à l’aéroport international Hamad de Doha.

La compagnie aérienne a établi des plans en décembre 2017 pour acquérir environ 50 hôtels au cours des cinq prochaines années. Qatar Airways a racheté, il y a quelques semaines, le Sheraton Melbourne et envisagerait de construire un hôtel à Cambera.

Les américains attendent de voir les comptes de Qatar Airways

Dans le cadre d’un accord entre les américains et les qataris, la compagnie aérienne nationale publiera des états financiers pour l’année à venir qui seront audités conformément aux normes comptables internationalement reconnues.

Le PDG d’American Airlines, Doug Parker, a déclaré que l’administration avait réfléchi aux inquiétudes des transporteurs américains à propos des subventions illégales des concurrents étrangers. On attend donc les résultats.

L’Europe se réveille… enfin !

Suite à l’accord passé entre Qatar Airways et les autorités américaines, les pays membres et les compagnies aériennes de l’Union Européenne (UE) pourraient porter plainte auprès de la Commission européenne s’ils s’estiment victimes de concurrence déloyale dans des pays ne faisant pas partie de l’UE ou s’ils jugent que des compagnies aériennes hors UE jouissent de subventions illicites.

Les gouvernements européens pourraient imposer des mesures compensatoires provisoires si le texte était voté. Il va falloir que les pays membres s’accordent et cela risque de prendre du temps. En attendant, Qatar Airways continue de faire son beurre avec le sourire de crémière… et celui des médias !

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