Présidentielle en France: « Gare au syndrome du poisson rouge ! »

Il paraît que si le poisson rouge ne déprime pas dans son bocal, c’est parce qu’il a une mémoire si faible que sitôt son tour achevé, il a déjà oublié sa petite ronde. Au vu des derniers commentaires dans les dîners en ville, notamment en France, on se demande si cette forme d’amnésie ne nous a pas tous contaminés…

C’est étonnant, car nous avons tous appris qu’il fallait se méfier des sondages. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir du Brexit ou de l’arrivée inattendue de Donald Trump à la Maison-Blanche, voire des échecs tout aussi surprenants de Sarkozy ou Juppé lors des primaires de la droite française. Pourtant, il y a encore des personnes, en France ou ailleurs, pour prêter attention à ces sondages… Et donc sur cette base-là, chacun donne Emmanuel Macron futur président de la République française.

Bien entendu, ce résultat part du principe que Macron se retrouvera au second tour face à Marine Le Pen, et cette dernière devrait perdre, toujours d’après ces sondages. Pourquoi ? Primo, il y aurait un sursaut républicain face à la menace du Front National. Et deuxio, il faudrait arithmétiquement un taux d’abstention de 60% pour que Mme Le Pen passe au second tour.

Mais ce qu’on oublie, c’est que la présidentielle en France, ce ne sont pas deux tours, mais quatre ! Les deux tours supplémentaires sont ceux des élections législatives. Et là, il se pourrait que Les Républicains ne soient pas laminés, mais au contraire renforcés. Auquel cas, toujours selon les experts et les sondages, Macron serait obligé de composer avec la droite et de nommer quelqu’un comme François Baroin au poste de Premier ministre.

Les marchés financiers espèrent secrètement ce genre de scénario, car ni le programme de la gauche ni le programme de l’extrême droite ne leur plaît. Les uns, à gauche, risquent de partir vers des dérives budgétaires qui pourraient plomber l’attractivité de la France, et les autres, les Frontistes, risquent de déstabiliser le pays avec leur volonté affichée de sortir de l’euro. Et comme François Fillon, l’autre candidat raisonnable à leurs yeux, semble empêtré dans ses affaires personnelles, les investisseurs internationaux et nationaux n’ont plus qu’une cartouche à tirer, et ils misent beaucoup sur Macron.

« Macron doit être suivi par une Providence quelconque, sinon comment expliquer Sarkozy, Juppé, Valls, et sans doute Fillon! »

S’il est élu, ce serait le premier président aussi jeune, alors que l’histoire a montré que les Français adorent plutôt les candidats présidents sexagénaires, lorsqu’ils n’ont pas 80 ans comme en 1940… Et puis, ce serait aussi la première fois qu’un candidat dit centriste gagnerait la place suprême.

Napoléon, dit-on, refusait de donner le grade suprême de général à un candidat qui n’avait jamais eu de chance dans la vie, car il partait du principe que la chance est un élément important dans une vie. Sur cette base-là, Emmanuel Macron doit être suivi par une Providence quelconque, sinon comment expliquer que Sarkozy, Juppé, Valls et demain sans doute Fillon ont été tour à tour éliminés, à la plus grande surprise de tous.

Sauf attentat de dernière minute, les sondages pourraient donc avoir raison cette fois… Mais bon, je m’arrête là, car je crois que je suis aussi frappé du syndrome du poisson rouge !

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