Pourquoi Lufthansa va devoir abandonner certains droits en Allemagne ?

Le groupe allemand, comme d’autres, traversent une crise sans précédent. Il est impossible d’affirmer que le secteur aérien va se rétablir dans les deux prochaines années. En Europe, la plupart des états apportent de l’oxygène nécessaire à la survie de la branche aéronautique.

La commissaire européenne, Margrethe Vestager, connue pour son inflexibilité veille aux règles de la concurrence. Elle a notamment donné du fil à retordre à Google et Apple, notamment et a mis un véto à la fusion de Siemens et Alstom dans le projet de créer une gigantesque compagnie ferroviaire.

Le groupe Lufthansa bénéficie d’une aide considérable

Comme tant d’autres, Lufthansa n’aurait pas pu survivre à la crise liée à la pandémie sans une aide financière. Le gouvernement allemand n’avait pas d’autres choix que de soutenir la compagnie aérienne et d’entrer dans le capital à hauteur de 20%. Avec une aide de 9 milliards d’euros, le groupe devait avoir un accord de la Commission Européenne

Pourquoi la Commission Européenne met son nez dans cette affaire

Lufthansa aura été l’une des premières entreprises à demander l’approbation de l’Union Européenne (UE) pour un sauvetage à hauteur de 9 milliards d’euros. La recapitalisation par l’État est soumise à un examen plus approfondi car l’UE la considère comme plus préjudiciable à la concurrence que l’aide que la France a accordée à Air France-KLM.

Après de nombreuses discussions, Lufthansa a dû accepter un compromis

Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, a dû faire des concessions contrairement à son habitude. Lufthansa va être obligée de céder des slots ou droits de décollage et atterrissage à Francfort et Munich.

Les concurrents vont bénéficier de l’abandon des slots

Seuls, de nouveaux concurrents pourront bénéficier de ces droits à Francfort et Munich dans les prochains 18 mois. Si aucun nouveau concurrent ne fait usage de l’offre, elle sera également étendue aux concurrents existants dans les aéroports cités.

Ces créneaux de départ et d’atterrissage (slots) doivent être attribués dans le cadre d’un processus d’appel d’offres et ne doivent être repris que par un concurrent européen qui n’a pas reçu de recapitalisation substantielle de l’État en raison de la crise du coronavirus.

On évoque le chiffre de 24 slots. C’est loin d’être négligeable ! Pour rappel, Lufthansa représentent plus de la moitié des décollages en Allemagne !

Ryanair pourrait en bénéficier

Cela pourrait profiter à Ryanair, par exemple, qui a traversé la crise sans aide d’État et a vivement critiqué l’entrée prévue de l’État allemand dans Lufthansa.

Ryanair a jusqu’à présent volé vers le plus grand aéroport d’Allemagne, Francfort, mais n’est pas encore représentée à Munich. A l’inverse, la compagnie aérienne britannique Easyjet propose des vols au départ de Munich, mais vient de se retirer de Francfort.

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