Pollution en Cévennes : Umicore promet des travaux

Il y a quelques mois, nous avions évoqué cette pollution mortelle qui touchait la région d’Anduze. Si le lieu compte de nombreux campings et chambres d’hôte, il est, comme de nombreux endroits en Cévennes, un vestige minier d’exploitations passées. Poussé dans le dos par une association de riverains, la société vient de s’engager à dépolluer le site dit « de la Vieille Montagne ».

A l’instar de nombreux médias français, nous avions fait échos de cette pollution accusée de nombreux décès et maladies dans cette région, symbole du tourisme familial. A l’époque, tels de vieux trous de mine, la multinationale et le pouvoir politique étaient fermés à toute déclaration.

Depuis, la situation a bien changée. Peu de temps après ce tapage médiatique, la société, dont le siège social se trouve à Bruxelles, a répondu aux critiques via son site internet (http://www.umicore.com/en/media/press/saint-felix). Fait plus concret, elle vient d’adresser un courrier à la principale association de riverains pour lui faire savoir l’immédiateté de la dépollution du lieu problématique.

La digue à stériles (sorte de terril NDLR) chargée de plomb et de zinc sera totalement retravaillée afin que les métaux dont elle est chargée ne s’écoulent plus dans un cours d’eau local.

La société Umicore ? Petit rappel

Umicore est une multinationale installée à Bruxelles. Son CEO, Thomas Leysen, dirige entre autres, KBC et le groupe de presse Corelio. Jusqu’en 1971, la société a exploité des mines de zinc et de plomb en Cévennes, non loin d’Anduze et du village de Saint-Félix-de-Pallières. Ces mines seraient à l’origine de la pollution et de l’empoisonnement de plusieurs riverains.

Entre autre, à cause des écoulements provenant des « stériles » vers un cours d’eau local. Il est reproché à la société d’avoir bâclé les travaux de remise en état du site en 1990. Alors que la digue aurait du être recouverte d’une couche d’argile épaisse de 30 à 40 centimètres, il s’est avéré que celle-ci était bien plus mince mais surtout, que la terre utilisée était polluée au préalable.

Un courrier explicite

Dans sa lettre adressée fin juin à l’association, Umicore fait suite à une visite effectuée récemment sur place. Le message est clair : « Nous vous avons confirmé que notre soucis est d’entretenir de manière pérenne l’ouvrage et d’éviter toute activité susceptible de dégrader les installations de confirment des matériaux qu’il contient…. ».

En clair, Umicore se dit prêt à discuter des solutions avec les autorités françaises. Les travaux sont prévus pour cet été avec une plantation de végétaux dès l’automne.

L’association reste vigilante

Les riverains restent vigilants malgré leur grande satisfaction. Certains d’entre eux ont perdus des conjoints ou des enfants. D’autres sont même touchés par de graves maladies liées aux intoxications. Ils souhaitent que la réhabilitation du lieu ne soit pas faite à la va-vite et exigent un cahier des charges. Fait moins probable, ils souhaitent qu’Umicore dépollue un site limitrophe dont le groupe n’a jamais été propriétaire.

La digue dépolluée et remise aux normes, la vallée d’Anduze portera encore longtemps les stigmates des façons de faire d’entant. Une époque où la machine et le rendement surpassaient la santé du citoyen. Une conception passéiste en Europe mais encore largement de vigueur sur le reste de la planète. Contrairement à ce qu’en pensent parfois les grincheux, la presse et la mobilisation citoyenne sont encore capables de faire plier des sociétés internationales.

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