Pokémon Go : vraiment bon pour le tourisme?

Arrivée en Belgique le 16 juillet dernier et une semaine plus tard en France, l’application Pokemon Go est déjà la plus chargée dans nos deux pays. Et cet engouement qui déferle aussi sur toute la planète ne laisse pas indifférent les acteurs du tourisme qui y voient un nouveau moyen d’attirer les accros à ce jeu.

Seul bémol mais de taille, la chasse aux « Pikachu », « Miaouss », « Carapuce » et autres « Roucool » n’est pas sans risque pour des « dresseurs » souvent inconscients qui n’hésitent pas à prendre tous les risques pour les attraper.

Un phénomène mondial d’une ampleur inégalée

C’est une déferlante qui s’abat sur le monde depuis le début du mois. Lancée le 6 juillet dernier aux USA, l’appli Pokemon Go comptait plus de 26 millions d’utilisateurs actifs aux États-Unis 10 jours plus tard. Aujourd’hui 32 pays sont couverts sur les 100 disposants de stores mobiles iOS et Google. Selon les derniers chiffres disponibles, Pokémon GO aurait été téléchargée plus de 75 millions de fois sur les terminaux Android et Apple.

Et ce phénomène mondial donne des idées aux professionnels du tourisme. Après les Offices du tourisme de Montréal, Atlanta, Houston, San Francisco, Sydney, Auckland… les musées et 27541296473_1f91ef4461_bsites touristiques s’y sont mis aussi (Philadelphia Museum, British Museum et bientôt Le Louvre et la Tour Eiffel) …

Depuis cette semaine, les offices du tourisme de Rouen, Montpellier, Caen (avec son Poketrain), Berck, Sarrebourg et j’en passe … invitent sur leurs sites ou comptes tweeter à découvrir la ville de manière ludique en chassant le Pokemon.

Même les hôtels se sont pris au jeu. Ainsi, Hotels.com et Trivago n’hésitent pas à envoyer des tweets ciblés à destination des « dresseurs » car ils deviennent les meilleurs ambassadeurs de ces hôtels où ils en ont trouvé. Problème, cette folie virtuelle n’est pas sans danger dans notre monde réel.

SNCF « Un Pikachu ne vaut pas une vie… »

Lancée seulement le samedi 24 juillet en France (la sortie a été reportée suite à l’attentat de Nice – ndlr), l’application fait déjà parler d’elle deux jours après son introduction. Lundi 26 juillet, un jeune automobiliste a percuté un muret à Besançon en tentant d’attraper un Pokémon sur son téléphone portable alors qu’il conduisait.

dont-pokemon-and-drive-road-signLe même jour, sur l’autoroute A4 dans l’Aisne, une automobiliste a également perdu le contrôle de son véhicule pour les mêmes raisons. Heureusement, que de la tôle froissée dans ces deux accidents… Mais il n’y a pas qu’en France.

Au Luxembourg, un autre « dresseur » qui jouait là encore en conduisant a percuté plusieurs autres voitures et a fini en tonneau. Scène quasi identique à New York où un conducteur et sa voiture ont fini contre un arbre. Depuis, les sociétés d’autoroutes américaines n’hésitent plus à afficher sur les panneaux le message « Don’t Pokemon and drive »

Dès le lendemain de la sortie du jeu en France, le Ministère de l’Intérieur s’était fendu d’une information à l’attention des utilisateurs et plus particulièrement des automobilistes et piétons. Le message rappelait que « l’utilisation (d’un smartphone) provoque une perte de l’attention, pouvant se révéler dangereuse pour soi et pour les autres. Quand on joue à Pokémon Go, il ne faut pas ignorer le monde réel, sinon, il peut y avoir de très graves conséquences ».

8464339495_2d3b64fb10_bSur son compte Twitter, la SNCF invite les joueurs présents en gare et sur les quais à « redoubler de vigilance pour attraper les Pokémon et à ne jamais descendre sur les voies. Un Pikachu ne vaut pas une vie, soyez bien vigilants lorsque vous jouez à #PokémonGO » rappelle la compagnie ferroviaire française…

Virtuel et réel sont-ils compatibles ?

En Espagne, deux touristes japonais sont allés chasser des Pokémons dans l’un des tunnels les plus dangereux de Barcelone. De l’autre côté de l’Atlantique, deux jeunes Canadiens tellement absorbés par leur partie ont franchi « par inadvertance » la frontière américano-canadienne. En Californie, deux joueurs sont tombés d’une falaise. Ils s’en sont bien tirés avec seulement quelques ecchymoses. Mais l’inconscience peut aller encore plus loin.

A Madrid, deux jeunes « dresseurs » ont été arrêtés pour avoir pénétré dans un quartier général de la Garde Civile. Idem en France où deux adolescents ont été interpellés mardi soir alors qu’ils s’introduisaient dans la caserne de gendarmerie de Saint-Hilaire dans l’Aude pour attraper un Pikachu. Ils s’en sont tirés avec une belle engueulade des pandores….

Mais dans un communiqué, la gendarmerie française prévient que désormais « toute nouvelle intrusion » sera « sévèrement sanctionnée » par la justice car « les casernes de la gendarmerie nationale sont des terrains militaires dont l’accès est strictement réglementé et interdit au public. »

En Belgique, à Anvers, près d’un millier de « dresseurs » se sont réunis ce mercredi sur la Kammenstraat pour participer à une « Pokémon Hunt » organisée par Unizo, une branche de l’organisation des indépendants et PME néerlandophones. Résultat, la rue a dû être fermée à la circulation pour des raisons de sécurité par la police.

Alors, Pokemon Go, véritable opportunité pour le tourisme ? C’est bien la question que l’on peut se poser car il y a lieu de s’inquiéter devant l’attitude des plus (et moins) jeunes qui savent de moins en moins faire la différence entre monde virtuel et réel… À Pittsburgh (Pennsylvanie – USA), une adolescente a traversé un boulevard sans regarder pour attraper un Pokémon. Elle a été renversée par une voiture et s’en sort là encore avec seulement quelques bobos. Et vous savez quoi ? Pour la jeune fille et sa mère qui l’accompagnait, c’est de la faute au jeu ! Jusqu’à présent, Pikachu et ses potes n’ont occasionné aucun accident mortel… Mais jusqu’à quand ?

 

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY