Pointer un laser vers un avion : de plus en plus courant !

Pointer un laser vers un aéronef, ce n’était pas brillant il y a un an, quand le Gouvernement du Canada a commencé à en parler. C’est tout aussi dangereux et illégal aujourd’hui, alors que le ministre des Transports, Marc Garneau, se sent l’obligation de lancer une nouvelle campagne pour sensibiliser la population à ce phénomène, qui non seulement a perduré, mais même augmenté!

En 2015, les pilotes ont signalé de tels incidents plus de 10 par semaine, alors que près de 600 frappes laser ont été signalées à Transports Canada. C’est nettement plus que le nombre de cas rapporté en 2014 : 502. De janvier à avril 2016, le nombre d’incidents s’élève déjà à 148.

Les frappes laser sont très dangereuses et les contrevenants s’exposent à de lourdes amendes et à des peines d’emprisonnement, a donc prévenu le ministre, lors du lancement de la campagne, hier (24 mai). À cette occasion, il était accompagné du surintendant Tony Cusimano de la police régionale de York. En août dernier, M. Cusimano a arrêté un individu soupçonné d’avoir pointé un laser vers un hélicoptère de la police.

Jusqu’à 100.000 dollars d’amende

« Pointer un laser vers un aéronef, c’est non seulement un acte imprudent qui met inutilement en danger les personnes, c’est aussi une idée qui n’est tout simplement pas brillante », a déclaré le ministre Garneau.

En effet, pointer un laser vers un aéronef expose les pilotes, les passagers ainsi que les personnes au sol à de graves dangers. Les frappes laser sont une source de distraction pour les pilotes. Ils causent un éblouissement qui nuit à leur vision ou, pire encore, les aveuglent temporairement. Après avoir reçu le faisceau lumineux d’un laser dans les yeux, les pilotes disent souvent souffrir d’une irritation des yeux ou d’une sensibilité à la lumière, ce qui pourrait sérieusement nuire au pilotage sécuritaire de l’appareil.

« En tant que ministre des Transports, je ne prends pas de tels gestes à la légère puisque j’estime que les Canadiens et les Canadiennes ainsi que leur famille méritent de se sentir en sécurité à bord des aéronefs. Nous tenons à ce que les contrevenants sachent qu’ils s’exposent à de graves conséquences, dont des amendes de 100 000 $ et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans », a ajouté le ministre.

Signalez les cas

Transports Canada demande aux personnes qui sont témoins de frappes laser de les signaler à leur service de police local. Ces incidents peuvent également être rapportés à l’un des bureaux régionaux de Transports Canada.

On encourage aussi la population à sensibiliser les autres aux dangers des frappes laser en utilisant le mot-clic #PasBrillant.

L’APAC applaudit

Notons que l’Association des pilotes d’Air Canada (APAC) applaudit les efforts de sensibilisation du Gouvernement du Canada. Le plus grand danger auquel les pilotes et donc les passagers et les citoyens habitant près d’un aéroport sont exposés provient du fait que le pointage au laser survient lors de la phase la plus délicate d’un vol, soit le décollage ou l’atterrissage, indique l’ACPA.

« Un aéronef effectuant son approche finale à une altitude de 1000 pieds dispose de moins d’une minute avant d’atteindre la limite de la piste et de se poser. Que l’un des pilotes, ou les deux soient temporairement aveuglés à cette étape critique du vol constitue notre plus grande inquiétude », a déclaré le Commandant Ed Bunoza, président du Service de la sécurité aérienne de l’APAC.

« Les pilotes sont aussi inquiets de la possibilité qu’à long terme, le fait d’être ainsi exposés à des pointages au laser mène à des troubles de la vision et même à des dommages aux yeux susceptibles de mettre un terme à leur carrière », ajoute-t-il.

L’APAC se dit donc tout à fait favorable à l’imposition de peines exemplaires, aux auteurs de ces actes, qu’il s’agisse d’amendes ou de peines de prison.

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