Plusieurs centaines de vols annulés à Hong Kong et une situation très inquiétante

© Margaux Ducruet

La crise que traverse Hong Kong est certainement une des plus graves depuis le départ des Britanniques. Les manifestations ne cessent pas car les Hongkongais tiennent à leurs libertés. La crainte reste la possible intervention de la Chine continentale mais elle aurait de graves conséquences sur le plan international. En attendant, les transports aériens sont très perturbés. On voit cela en détails.

Ce lundi 5 août 2019, plus de 200 vols annulés

La plupart des vols annulés sont assurés par les transporteurs Cathay Pacific et Hong Kong Airlines. L’aéroport de Hong Kong, l’un des plus importants au monde, demande aux voyageurs de consulter le site de l’aéroport et celui des compagnies aériennes.

Plus de 230 vols ont été annulés, et d’autres suivront probablement, alors que les contrôleurs aériens se joignent à la grève dans la ville.

Les autorités aéroportuaires ont annoncé qu’une seule des deux pistes de l’aéroport international de Hong Kong serait opérationnelle entre lundi à midi et mardi à 6 heures.

Le métro d’Hong Kong très perturbé

Les retards ont affecté le métro de Hong Kong (MTR), des bagarres ayant éclaté entre les navetteurs et les activistes, qui ont ouvert la porte pour empêcher les trains de partir. Plusieurs lignes MTR ont désormais été suspendues.

Il y aurait plus de 14.000 personnes de 20 secteurs différents (dont ceux de la finance ou de l’aviation) qui devraient se joindre à la grève de ce lundi, ont annoncé les organisateurs.

Il n’y a pas que le projet d’extradition

Ce mouvement a démarré comme celle des Gilets Jaunes en France. Pour Hong Kong, il s’agissait d’un projet permettant l’extradition possible vers la Chine Continentale de n’importe quelle personne considérée par Pékin comme «fugitive».

Pour le mouvement français, il s’agissait de taxes pour l’essence. La comparaison s’arrête là. Le problème est bien plus sérieux à Hong Kong car une dérive politique aurait été possible et les revendications sont bien plus censées et plus profondes qu’en France.

Dans moins de 30 ans, Hong Kong pourrait perdre son statut

Beaucoup s’inquiètent de l’échéance imminente de 2047, lorsque l’actuel modèle «un pays, deux systèmes», régi par Hong Kong, expirera.

Cette date semble éloignée pour nombre d’hongkongais. Par contre, pour les milliers de manifestants dans les rues depuis près de dix semaines, l’horizon de 2047 est terrifiant car la ville sera à 100% chinoise.

Les hongkongais plus âgés se sentent moins concernés que les jeunes

Les hongkongais plus âgés qui ont grandi dans la colonie britannique s’identifient fortement à la Chine et ont été fiers de son retour à la domination chinoise. Pour ceux qui s’identifient comme hongkongais et plutôt jeune, l’idée d’être complètement absorbés par ce qu’ils considèrent comme un pays étranger est terrifiante, sans parler d’un pays aussi autoritaire que la Chine de Xi Jinping.

Il y aurait eu plus de 400 arrestations. La semaine dernière, plus de 40 militants ont comparu devant le tribunal, accusés de créer des émeutes. S’ils sont reconnus coupables, ils pourraient être emprisonnés jusqu’à 10 ans.

Carrie Lam met de l’huile sur le feu

Elle est à la tête du gouvernement de Hong Kong depuis 2017. Les manifestants réclament sa démission. Elle a accusé les militants d’avoir utilisé le projet de loi controversé sur l’extradition, pour déclencher les manifestations en juin, en dissimulant leurs véritables objectifs.

Elle a également déclaré que les actions des manifestants avaient remis en cause le principe « un pays, deux systèmes » et menaçaient la prospérité et la stabilité à Hong Kong.

Il s’agit d’une situation réellement inquiétante pour la région. La Chine souhaitant également avancer ses pions sur Taïwan. La communauté internationale surveille la situation et en particulier les américains qui à la moindre étincelle pourrait intervenir.

 

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